• Des rires au manque d'étoiles.

     

     

    Les rires de ces gens confortablement installés sur leur chaise, en train de parler bas, sont automatiques. C’est ainsi qu’ils communiquent, par signes conventionnels et codes appris par cœur.

     

    Ils sont dans leur monde et surtout loin d’elle. Aucun d’entre eux ne l’a même remarquée. Ils ne sont pas du genre à se dissiper. Ce sont des êtres concentrés. Leur présence gonfle bizarrement l’espace d’un vide protocolaire. Une cérémonie sans queue ni tête dévoile aux yeux des autres sa panoplie d’artifices insensés et de paroles  répétées. Tout est incroyablement réglé, calibré et ajusté. Leur discrétion est indiscrète. On peut lire sur leurs lèvres toute la comédie qu’ils jouent. Les hochements de tête et les déplacements de mains ont chez eux quelque chose de hautement mécanique. Ils font semblant d’ignorer que la synchronisation est parfaite. Huilée comme un vilebrequin dans un piston flambant neuf. Le coulissement du paraître dans le cylindre de la nuit naissante ne fait jaillir aucune étincelle ni étoile. 

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 21 Janvier à 08:38

    Pourquoi cela me fait-il penser à la cérémonie d'intronisation du Président Américain ?

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