• Extrait de Journal 2016, Editions Jacques Flament.

     

     

     

    Mercredi 6 janvier.

    On dirait que le froid commence à arriver, mais rien d’exceptionnel, loin de là. Quand les températures tournent autour de onze degrés en plein hiver, on ne peut pas se plaindre. La pluie fait son retour et avec elle le sentiment étrange de vivre dans un bocal où la nuit n’est pas loin. Tout dépend de l’intensité des averses. Mais les nuages hivernaux sont plus denses quoiqu’il en soit. La pénombre va s’installer toute la journée, mais nous ne la verrons pas : nous serons pris par nos activités quotidiennes, nos allées et venues intempestives, et nos arrangements intérieurs.

    Nous descendrons la rue, Miri et moi, main dans la main, afin de nous rendre au point de rencontre où les élèves attendent le passage du bus qui les conduira à l’école de Pissotte. Ce court moment est particulier pour moi. Nous sommes tous les deux à rêvasser en nous tenant la main. Il faut que l’on dépasse, les uns après les autres, les lampadaires encore allumés. Si jamais il y en a un qui s’éteint au moment où nous descendons, nous avons perdu. Il y en a dix à franchir. À la fin, elle mettra une note à notre petit périple. Elle espérera au fond d’elle-même que nous obtiendrons dix sur dix. Et je ferai tout – même si je ne peux rien - pour que le lever du jour soit sursis le plus longtemps possible, rien que pour que ma fille soit contente.

     

    Extrait de Journal 2016, Editions Jacques Flament

     

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Janvier à 06:45

    Très beau ! Ce moment de magie entre père et fille. Les riens de la vie et du poème.

    2
    Dimanche 6 Janvier à 07:36

    "La pluie fait son retour et avec elle le sentiment étrange de vivre dans un bocal où la nuit n’est pas loin" 

    Cette phrase est un poème à elle-seule.

    Une belle épiphanie,

    Luminitza

      • Dimanche 6 Janvier à 07:47

        Bonjour Luminitza,

        Merci de votre retour et de l'intérêt que vous portez à mon univers.

        Bon dimanche à vous.

    3
    Edith
    Dimanche 6 Janvier à 10:50

    Cet autre 6 janvier est plus frais puisque 5° sur le rebord de ma fenêtre, cela n'empêche pas les rouge-gorge de picorer dans le jardin

    Vous devez être au chaud puisque c'est dimanche et que le bus n'est pas passéyes

     

      • Dimanche 6 Janvier à 11:09

        Exactement, Edith, et on regarde les rouges-gorges s'amuser.

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