• Puis d'un seul coup

     

     

     

    Puis d’un seul coup

    l’image de cette vieille dame

    ouvrant tous les matins ses volets

    reliée à sa bouteille d’oxygène

    posée à ses pieds

    par un tuyau en plastique

    enfilé dans ses narines

    vient perturber mon travail

    de concentration.

    Je me suis promis

    d’être le plus automatique possible

    dans mon travail d'écriture

    et voilà que ce portrait

    s’impose à moi.

    Forcément je le laisse me raconter

    ce que je ne me disais pas encore

    il y a à peine quarante ans

    quand je vis pour la première fois

    cette dame dans l’encadrement

    de la fenêtre de sa chambre.

    La seule chose dont je sois certain

    c’est que j’avais mal au nez pour elle.

    Sa bouche s’ouvrait et se refermait

     tel un poisson rouge

    enfermé dans le bocal

    de son insuffisance respiratoire.

    Ses mouvements étaient lents.

    J’étais toujours à deux doigts

    de venir l’aider.

    Maintenant avec le recul

    je me demande si ce n’était pas

    pour mieux respirer à sa place

    que je voulais lui donner un coup de main.

    La difficulté d’ouvrir les volets

    pour cette veuve septuagénaire

    n’était probablement rien

    comparée à son handicap physique.

    Sa mise en plis était toujours impeccable

    et parfois je la voyais

    avec des bigoudis multicolores.

     

     

     

     

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