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    Je regardais les nuages

    avec ma fille hier après-midi :

    j'y voyais des dessins

    de bandes dessinées

    avec des personnages loufoques

    elle 

    des chiens

    tirant d'énormes traîneaux

    en plein désert.

     

     

     

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    Ce souvenir obsédant d'habiter

    près d'une voie de chemin de fer

    entièrement désaffectée

    avec ma gentille chatte tigrée

    qui m'attendait à la grille

    de l'école tous les soirs

    où nous longions

    pour le retour

    ces herbes hautes

    bordant la route

    des trains que je rêvais de prendre

    seul un jour

    en compagnie de ma fidèle féline

    me revient subitement

    alors que je pensais avoir oublié

    ce détail de ma vie

    de mes songes

    de mes sentiments.

     

     

     

     

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    Comment expliques-tu

    cette étrange coïncidence

    d'avoir retrouvé

    mot pour mot

    intégralement

    tout ce que je pense

    de sa peinture

    de sa démarche

    de ses références

    de ses sentiments

    au moment de peindre

    dans sa bouche

    lors d'un des rares entretiens

    qu'il a bien voulu accorder

    à un critique d'art

    moi qui n'aie jamais touché

    un seul pinceau 

    de ma vie

    ni fait un quelconque dessin ?

     

     

     

     

     

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  • 15 juin 2017 ~ 0 COMMENTAIRE

    Journal 2016 – Thierry Radière

    Depuis 2015, Thierry Radière multiplie les publications, c’est le neuvième livre de lui que je lis depuis cette date, il écrit depuis très longtemps mais ne publie régulièrement que depuis quelques années Il s’essaie à plusieurs genres littéraires de la poésie à la nouvelle en passant par des récits courts ou longs et d’autres formes encore.  Je connais virtuellement Thierry depuis quelques années, non seulement j’ai lu la plupart de ces derniers écrits mais je le croise régulièrement sur les réseaux sociaux.

    Cette fois, il se livre à un nouvel exercice, le journal, il a ainsi écrit et publié le récit de son année 2016, racontant sa famille, surtout son épouse avec laquelle il partage la passion de l’écriture (j’ai eu le plaisir de lire le livre qu’elle a consacré à son père qu’elle n’a pas connu, le musicien de jazz Elek Bacsik), sa fille qu’on voudrait voir définitivement guérie de la maladie qu’elle subit depuis sa naissance, mais surtout de sa passion pour l’écriture à laquelle il consacre beaucoup de temps depuis son adolescence.

    C’est une impression étrange de lire sous la plume d’un auteur qu’on connait un peu, des informations, des réflexions, des anecdotes sur d’autres auteurs ou des éditeurs qu’on a eu l’occasion de lire, des auteurs et des éditeurs que parfois on connait un peu par les réseaux sociaux et même parfois des auteurs et éditeurs qu’on connait ou qu’on a eu l’occasion de rencontrer. J’ai ainsi eu l’impression de pénétrer par effractions dans un cercle où je ne serais pas forcément toléré, le cercle des poètes toujours bien vivants, le cercle des poètes qui n’encombrent pas les rayons des librairies, le cercle des poètes talentueux qui se débattent pour faire vivre leurs œuvres.

    J’ai aussi eu une étrange sensation d’intimité, j’ai eu l’impression, à la lecture de ce livre, de faire un petit peu partie du cercle amical de Thierry car outre l’histoire de son épouse et celle de sa fille, j’ai aussi parfois eu l’occasion d’échanger avec des gens qui font partie des amis de Thierry. Il ressort ainsi de cette lecture une certaine familiarité avec l’auteur, une familiarité qu’il nourrit avec les anecdotes qu’il rapporte dans son journal.

    Mais ce qui importe le plus c’est tout ce que l’auteur raconte sur sa manière d’écrire, son inspiration, les gens qu’il aime lire et qu’il apprécie particulièrement. Et, là aussi, j’ai constaté que nous avons des lectures communes, des coups de cœur communs pour certains textes, le même respect pour le talent de certains auteurs que nous aimons lire. J’ai ainsi eu l’impression de faire partie de la même famille littéraire que Thierry mais comme lecteur seulement. Il faut bien des lecteurs pour faire exister les auteurs.

    Ce texte a été pour moi une immersion dans le clan Radière, dans son univers littéraire, dans son intimité d’auteur, dans ses joies et déceptions de publiciste et dans ses états d’âme. Je ne pensais pas qu’un journal pouvait prendre une telle dimension. Je connais maintenant mieux la passion d‘écrire de Thierry mais aussi son asservissement à cette passion et à la nécessité viscérale de la partager en publiant ses écrits pour ses lecteurs et en les échangeant avec d’autres auteurs. Lire un journal dont on est si proche, c’est aussi une façon de remonter le temps et de faire revivre certaines lectures qu’on a particulièrement appréciées, de revoir certains auteurs pour lesquels on a de l’amitié. Alors, j’attends déjà le Journal 2017.

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    Il y aura toujours
    dans mes poèmes
    un peu de toi
    quelque part
    sous une forme
    ou une autre :
    une brise jaune
    dès le matin
    un mug rempli
    de thé venant 
    d’être servi
    un parfum de fleur
    d’oranger resté
    dans la salle de bain
    un livre posé par terre
    dans le salon
    des roses rouges
    dans un vase
    au-dessus de la cheminée
    un chant de rossignol
    le soir la fenêtre ouverte
    et la nuit des rêves
    d’îles encore inconnues
    où des paréos représentant
    des motifs repris par Matisse
    dans ses toiles
    flottent dans l’air
    humide et étouffant.

     

     

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