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    Les poules, c'est chez mémère que j'appris à les observer. Je m'amusais souvent à les coincer dans un grillage et à les attraper. Elles étaient bien chaudes sous leurs plumes. Je sentais leur cou fragile. Et dire qu'il y a de bons oeufs qui sortent de ces corps si insignifiants ! pensais-je. Je regardais de plus près leur croupion. J'espérais toujours qu'un oeuf en sorte, tout chaud et bien ovale. Hélas, je n'eus jamais la chance de voir poindre ce que je considérais à l’époque comme la forme géométrique la plus poétique, mais j’eus plutôt la surprise, un jour, d’être aspergé d’une fiente verdâtre et nauséabonde. Ceci me calma pour toujours.

     Les oeufs m'ont longtemps intrigué. Lorsque j’ai su qu'il fallait tout simplement que la poule les couve pour que des petits voient le jour, je me suis dit que je pourrais essayer moi aussi. Je dormis plusieurs nuits avec des oeufs sous mon oreiller. Malheureusement, aucun poussin ne naquit. Pourtant, il faisait assez chaud. Alors dès que je sortais de mon lit, je les mettais sur le chauffage, de façon à les récupérer le soir, un peu plus mûrs pour l'éclosion. Je les retrouvais bouillants à mon retour d’école. J’ai compris assez vite que ce n’était pas la meilleure manière pour espérer donner la vie à des poussins. Maman n’a jamais rien su de mes rêves de sage-femme et de mes opérations clandestines.

    Je me souviens des jours où je voyais des boîtes à chaussures recouvertes de vieux chiffons, posées à côté du chauffage de la salle à manger. Je comprenais immédiatement. Des oeufs venaient d'éclore. J'étais émerveillé par ce spectacle. Quelques minuscules poussins dont le jaune frémissement des ailes me faisait rêver se tenaient serrés les uns contre les autres. Et puis, il y avait toujours un ou deux oeufs déjà percés que maman laissait mûrir davantage. Elle voulait que les petits fussent parfaitement prêts pour sortir de leur coquille. Quand ils l’étaient, alors elle les aidait à l’aide de ses doigts longs et fins. Elle leur retirait les bouts de coquille qui les empêchaient de marcher. Ils étaient humides à la naissance. Elle les réchauffait dans sa main et me les donnait aussitôt. J'avais peur de les étouffer. Sur leur coquille, il y avait un peu de sang. Près du chauffage, ils séchaient vite. Le lendemain, quand j'allais les voir, ils étaient secs et déjà bien remuants dans le carton.

    La poule était déjà dans le garage avec les plus vieux de ses poussins, dans une espèce d'enclos bricolé par mon père et éclairé par une grosse ampoule pendante, pour ne pas qu'ils attrapent froid. Leur mère faisait le gros dos quand je m'approchais d'elle. Cela ne m’empêchait pas de rester ;  j’observais comment ces minuscules petits êtres s’y prenaient pour se camoufler sous les ailes de leur mère. Elle avait les yeux fermés et semblait si fière de sa couvée. D'autres allaient encore naître. Dès qu'ils avaient atteint une taille intermédiaire, mon père retirait la poule, et le coq, en manque d’amour,  lui courait aussitôt après dans la basse-cour.

    J'aimais me retrouver parmi toutes ces volailles que je regardais picorer par terre ou dans des gamelles le grain que j’y entreposais. Les mouvements brusques du cou des gallinacés me plaisaient. Parfois, elles mettaient leur tête de travers, comme si elles voulaient se donner un genre. Quand elles levaient les pattes pour avancer, c'était fantastique. L’une était posée par terre, dans la boue, pendant que l'autre restait suspendue avec les griffes recroquevillées dépassant de son plumage. J’avais horreur de leur gloussement. Par contre, j'adorais entendre le chant des mâles au petit matin. C'était autrement plus triomphal.

    La première chose que je m’empressais de toucher quand mon père en avait tué un, c’était sa crête. Drôle d'organe ! pensais-je. Une fois cuite, elle était soit marron soit noire ; ça dépendait. J'aimais bien manger la tête. Je laissais la peau du cou de côté et j’aspirais la chair entre les vertèbres tellement tendre à cet endroit. C'était la seule partie de la volaille que j’avais le droit de déguster avec mes doigts. Quand j'avais pratiquement fini, je cassais les os cervicaux afin d’y sucer la moelle épinière. Ensuite, comme j'avais déjà mangé la crête, je m'attaquais à la tête, ou plutôt à son contenu : la cervelle. Si seulement les poules avaient été bicéphales, pensais-je, tricéphales même, j’aurais pu en manger davantage des cervelles.

     Sultan, lui, se goinfrait de restes. Il n'en avait jamais pour longtemps. Je crois qu'il était encore plus gourmand que moi. C'est peut-être pour cette raison que j’ai toujours eu un faible pour lui.

     

    Par contre, ce n'était pas la même chose pour les haricots verts ; et tous les dimanches, nous y avions droit. Heureusement qu’ils étaient servis avec quelques pommes de terre sinon je n'aurais mangé que du poulet, je pense. Je me rappelle être resté devant mon assiette pendant plusieurs heures parce que je ne voulais pas finir mes légumes. Au bout d'un moment, ma mère en a eu assez, elle m’a retiré mon assiette de la table puis me l’a servie réchauffée pour mon quatre-heures. Les dimanches suivants, je mangeais toujours tous mes haricots : je ne voulais plus en ravoir pour le goûter.

     

     

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    J'inventais des péchés quand je me retrouvais seul en face de l’abbé Serin, lors des séances de confessions. Je prenais les devants. Cela m'amusait : je pensais qu'en anticipant il ne m'arriverait rien. J'avais aussitôt le trac à mon entrée dans le confessionnal. Et puis après, une fois que j'y étais, les mensonges venaient tout seul. L’abbé ne s'apercevait de rien, sauf la fois où je lui racontai que j'avais tué ma soeur. Il sortit alors furieusement de derrière l’étroit encadrement qui nous séparait et me fila une raclée. Je m'en souviens encore. Pour moi, un homme d’église était naturellement bon et compréhensif. Sans doute était-ce pour cette raison que je racontais n'importe quoi : je me sentais protégé dans le confessionnal. Depuis cet incident je n'ai plus aimé venir me confesser.

    Par contre, aller à la messe tous les dimanches m'avait depuis le début embêté au plus haut point, mais je continuais à simuler mon amour pour cet étrange sanctuaire que représentait l’église : j'étais convaincu que Dieu finirait par me punir si je manquais une seule fois la cérémonie dominicale. J'étais mal à l'aise. La lumière de Dieu dont j’entendais parler m’obsédait. J'étais émerveillé par les histoires que l’abbé nous narrait pendant les séances de catéchèse. Il nous lisait la bible. Un conte fantastique pour moi. Je considérais Jésus comme un mort-vivant. C’est la première fois que j’ai entendu le mot résurrection.

    Lorsque nous nous rendions au cimetière ma grand-mère et moi, et que nous nous arrêtions devant la tombe de mémère Simone – mon arrière-grand-mère -  je jubilais en exécutant mon signe de croix. Je reproduisais ce que l’on m’avait appris ; j’imitais ma grand-mère. J'avais le sentiment d’être un grand. Je me sentais extrêmement sérieux. Je n'ai jamais avoué  à mémère que je mourrais d’envie de soulever les pierres tombales et de découvrir enfin le mystère de l'intérieur des tombeaux : elle m'aurait pris pour un petit diable.

    À la vue des photos de défunts plaquées derrière le verre des médaillons posés sur le marbre des tombes,  j'avais des envies de vol. Je voulais composer un album avec toutes les icônes de morts chapardées. Je réussis quand même à commettre ce sacrilège deux ou trois fois dans mon enfance, puis très vite, j’abandonnai cette drôle de manie. Si mémère avait su que j'avais, à huit ans, déjà profané des sépultures, elle aurait eu une crise cardiaque.

     

    Ça aussi, la crise cardiaque était pour moi une maladie effrayante, la pire de toutes : elle ne prévenait pas. Je refusais de mourir d'un arrêt du coeur. J'étais intrigué par toutes ces histoires de morts que ma grand-mère aimait raconter à mon père quand, trois fois par an, nous remontions lui rendre visite. C'était la première chose qu'elle lui disait, Sais-tu que la Gorgette est morte comme ça, subitement, elle venait de préparer son café au lait ? Il fumait encore dans son bol quand ils l'ont trouvée par terre. Je raffolais des détails croustillants qu’elle savait distiller dans ses récits. Elle enchaînait parfois avec l’histoire d'un autre décès encore plus bizarre. Il n'y avait rien de plus excitant pour moi que cette foison de faits divers où des gens qu’elle connaissait finissaient par rendre l’âme bêtement. Parfois, nous restions même des heures entières, éclairés par la flamme de la bougie, à l’écouter. J'étais toujours épaté d'entendre papa dire qu'il connaissait les personnes dont elle narrait les mésaventures. C'est vrai qu'il avait passé sa jeunesse, ainsi qu’une bonne partie de son adolescence, dans le même village. Alors que moi, j'avais déjà déménagé trois fois en huit ans. Jamais je ne connaîtrais autant de monde que mémère. Personne ne saura que je suis mort, moi, le jour où cela m’arrivera.

     

     

     

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    Je m'imaginais à vingt ans gros comme le sergent Garcia. Cela m’effrayait. Pourtant ce personnage de Walt Disney m’amusait, lui. Quelle allure pouvait-il bien avoir à huit ans ? Est-ce qu'il pesait quarante kilo comme moi ? Il devait faire plus. Quand je courais, je sentais ma graisse hoqueter de haut en bas ; mon visage était tout rouge ; j'étais essoufflé comme un boeuf. J'arrivais le dernier à la course à pied. J'avais horreur de ce sport : je savais avant même de commencer que je perdrais.

     J'étais le plus gros de la classe.

     

    Le jour où mon père remit les poissons à l'étang, j’éprouvai un terrible pincement au coeur. Pendant que ma mère était occupée à foutre à la poubelle les morts avant le transvasement, discrètement j’allai en chercher un, pas trop gros, et le mis dans un sac à congélation que je déposai à l’intérieur d’une grosse boîte usagée de cigares de mon père : j’avais une idée bien précise derrière la tête. La mise en bière achevée, je me précipitai au fond du jardin creuser le plus rapidement possible - de peur d’être pris en flagrant délit de sacrilège par mes parents - un trou pour l’enterrer. Au moment de recouvrir le cercueil de terre, j'imaginai le poisson enfermé ne respirant plus. Il était mort et j'étais heureux de m'occuper de ses obsèques. Mettre une croix – fabriquée de toute main -  sur la petite butte de terre sous laquelle il se reposait me procura une immense joie. J’eus la chair de poule pendant toute la cérémonie.

    Mon poisson était allé rejoindre mes mouches, coccinelles, sauterelles, moineaux et autres oiseaux trouvés morts dans la propriété. C'était mon petit cimetière à moi.

     

    J'avais, pour l’occasion, bricolé un corbillard de fortune à l’aide d’une vieille brouette. Je le rangeais toujours bien soigneusement, à la fin de chaque enterrement et cela me rendait bizarrement extrêmement léger. J'étais hanté par le Bien. Je ne voulais pas aller en enfer. Dès que je commettais une mauvaise action, je priais le soir avant de m'endormir et j'étais soulagé.

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    Comme j'ai pu m'ennuyer quand j'étais enfant !

    J’avais horreur de l'inaction. J'étais un gros lard hyper actif à qui il arrivait souvent d'être, malgré tout, comme une âme en peine. Alors je me mettais à la fenêtre de la cuisine et je crachais dans la cour. J'étais fasciné par la trajectoire que prenaient mes crachats. Je recommençais plusieurs fois en visant précisément une fourmi, un caillou ou un insecte quelconque. J’étais aux anges quand ma bave tombait pile sur la cible que j’avais décidée du haut de mon perchoir. Je continuais ainsi jusqu’à ce que ma gorge devienne complètement sèche. Hélas, je n’avais pas d’autres idées intéressantes. Aussitôt après, j’allais me peser pour voir si je n’avais pas perdu quelques grammes, m’étant vidé de la salive de ma bouche. Mais non, j’étais toujours aussi gros. Pourvu que je ne devienne pas comme Mémène ! pensais-je au fond de moi.

    Quand je descendais et que je voyais par terre la multitude de crachats que j’avais pu produire en si peu de temps, j’étais émerveillé. C’est fou ce que l’ennui peut nous faire cracher, me disais-je. Les gros et les grosses devaient avoir plus de salive que les autres, les gens normaux, ceux qui n’ont pas de bourrelets à dissimuler. Cracher ne m'avait pas fait perdre un seul gramme. Ce n'était quand même pas la somme des crottes de nez que j'avais mangées pendant mes années d’enfance qui m'avait fait grossir à ce point ! Bon, c'est vrai, j'aimais bien les gâteaux et les tartines de pain grillé au chocolat fondu, mais quand même ! Ma soeur mangeait la même chose que moi et elle était plate comme une latte.

    Les pâtisseries, c'étaient mon péché mignon. Quand maman en faisait - en général c'était le dimanche, jour du poulet fermier et des haricots verts - je restais près d'elle à l’observer avec attention. Ça sentait bon dans la cuisine toute la journée. J'aimais casser les oeufs et battre les blancs en neige. Mais j’étais trop lent ; maman était pressée et terminait à ma place. J'adorais regarder la vitesse à laquelle le gluant du blanc tombait dans le saladier. Un jaune sans blanc faisait partie de ces petits détails de la vie que je trouvais extraordinairement beau. Alors je le fixais très longtemps. J'observais son inertie et l'éclat de sa couleur. Il était bien rond et dégageait une odeur particulière.

    Au moment où les blancs montaient dans un autre récipient, j'éprouvais la même fascination. Aussitôt qu’ils étaient prêts, ma mère retournait le plat - afin de s’assurer de la réussite de l’opération - et ils restaient collés au fond. Je la prenais pour une magicienne : elle arrivait à réaliser des exploits que j’étais bien incapable de reproduire. Comme son boudin noir maison, par exemple. Elle le fabriquait le samedi soir avec le sang du coq ou du poulet que mon père avait saigné dans l'après-midi. Elle le mélangeait avec un oeuf et y ajoutait des oignons. Il n'y en avait jamais assez. Moi et mon père, nous mangions tout. J'attendais souvent le samedi soir avec impatience, et le dimanche midi pour les pâtisseries.

    J'avais honte d'être gourmand. Constamment affamé, je léchais les plats après chaque préparation. Il m'arrivait parfois de sentir soudainement la pistache. J'avais immédiatement l'eau qui me montait à la bouche. Dans ces moments-là, je repensais aux glaces vertes qui avaient ce parfum que je trouvais si exotique et que ma grand-mère m’achetait au glacier qui passait une fois par semaine pendant les grandes vacances.

     

    J’ignore pourquoi ce parfum plus qu’un autre reste ancré dans ma mémoire.

     

     

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    Comme je fus heureux le jour où en rentrant de l'école, j’allai dans la salle de bains - vérifier la taille de mes oreilles - et que je remarquai dans la baignoire une multitude de poissons qui s’y débattaient ! C'est mon père – garde-pêche - qui les y avait mis en attendant que l'étang d'à côté fût entièrement nettoyé. Il y avait de grosses carpes, des perches, des gardons et des tanches énormes comme jamais je n'en avais vu. L'eau était noire de vase ; ça sentait dans toute la pièce.

    Les jours suivants, je passais des heures et des heures après les cours à observer, dans la salle de bains, mes vertébrés aquatiques. J'avais même acheté, avec mes économies, un masque de plongée histoire de les regarder de plus près évoluer dans leur milieu naturel. Bien sûr, je ne m’en suis jamais vanté auprès de ma mère.

    Je me mettais en maillot de bain et j’allais les rejoindre dans la baignoire. Ils étaient tellement troubles, en tout cas pas aussi nets que je l’espérais à cause de l’eau sale, que j’en changeais plusieurs fois en en tuant forcément quelques-uns après chaque remplissage. Et là, je restais bouche bée devant les spectaculaires mouvements d'opercule des survivants. J’enviais leur aisance et leur légèreté.

    Même après m’être longuement lavé et savonné je sentais la vase et ma mère - pourvue d’un odorat infaillible - a très vite fait le rapprochement. C'est vrai que je faisais souvent mes coups en douce. Faut dire, j'étais rarement fier de mes idées mais je ne résistais pas à la tentation de les mettre en pratique. Autrement, jamais mes parents ne m'auraient laissé entreprendre tout ce que j'ai pu apprendre par moi-même, en cachette.

     

    J’ai longtemps rêvé que j'étais un poisson volant, que j'avais des moustaches de chat et que j'allais plus vite que tout le monde dans le ciel aquatique. Je voyais bien au fur et à mesure que les années scolaires s’écoulaient que jamais je ne deviendrais un âne, pourtant j'étais de plus en plus mauvais à l'école et mes oreilles grandissaient  bien.

    Avec les cheveux très courts, je ressemblais à un matou vicieux. Tout le monde m'appelait Gros Lard. Au début, j'en pleurais ; je voulais m'ouvrir le ventre pour retirer ma graisse. Je prenais mes bourrelets à pleine main et je tirais dessus : je croyais qu'à force, ils finiraient par partir. Je me mettais discrètement à la diète, prétextant que je n'avais plus faim à la fin des repas. En réalité, c'était pour maigrir. Je mourrais d'envie de manger de la mousse au chocolat. J'étais obsédé par la balance. Dès que j'allais aux toilettes, je me pesais. Je ne comprenais pas qu'en me vidant les intestins régulièrement, je ne perdais pas un gramme. Peut-être que mes rêves de poisson-volant étaient liés à ma hantise de devenir obèse, comme la grosse Mémène à qui il fallait deux chaises quand elle s'asseyait.

     

    On la voyait toujours descendre le chemin en face de chez nous, très lentement, un bâton à la main. Une fois arrivée en bas de la côte, elle nous donnait un coup de canne à moi et à ma soeur en nous disant, Alors, qu'est-ce qu'on dit à Mémène ? Elle réclamait sa bise. Je n'aimais pas l’embrasser parce qu'elle était grosse et qu'elle sentait mauvais. Elle avait une voix masculine et elle riait tellement fort que ma sœur et moi croyions que c'était la femme de l'ogre dans le conte du Petit Poucet. C'est elle qui nous l'avait fait croire. Si bien qu’à la fin, lorsque nous la voyions arriver, nous nous cachions pour ne pas qu'elle nous oblige à lui dire bonjour. C'est au moment où nous sortions de notre cachette – croyant qu’elle était partie - qu'elle nous surprenait. Nous rougissions et nous finissions, contraints et forcés, par venir l’embrasser. Nous avions peur qu'en désobéissant elle nous mangeât. Elle n'avait eu qu'un enfant dans sa vie mais elle l'avait perdu à un an et demi. Il était tombé dans une bassine d'eau bouillante.

     

     

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