• Tout était une histoire de croyance.

    Si seulement mes yeux se fermaient à force de lutter, que mes idées étaient des poussières envolées dans mon sommeil, que plus rien ne me touchait, que le passage dans l’autre monde se produisait comme un voyage dont j’aurais depuis longtemps organisé le déroulement : par étapes successives et découvertes émouvantes, que je trouvais dans l’extrême le sublime du soulagement.

    Petit, j’étais obsédé par la purification. Me laver de tous les péchés que j’avais pu commettre dans la semaine en me confessant honteusement, le mercredi soir, au curé de la paroisse, chargé de la catéchèse, me procurait un immense plaisir. À cet âge-là, une forme mystique de culpabilité abstraite et non fondée  me travaillait. Je n’ai réellement été soulagé de ces tourments existentiels que lorsque je ne suis plus allé à l’église – juste après ma communion solennelle, jour de la fin de l’obligation d’assister à la messe dominicale - et que je me suis rendu compte que la religion n’était en réalité qu’une occupation de l’esprit de certaines âmes en peine ou une vague référence sociale pour des gens attachés à une soi-disant tradition familiale n’ayant de traditionnelle que le nom.

    Puis, à l’adolescence, c’étaient les contraintes sociales que je ne supportais pas. Elles avaient un tel poids sur ma soi-disant liberté que je les rendais responsables des échecs que j’allais vivre par la suite. J’ai été soulagé le jour où j’ai enfin compris que seule ma paresse et rien qu’elle  m’avait conduit à prendre des chemins de traverse alors que j’aurais dû emprunter les longues et belles routes de mes rêves - que je croyais inaccessibles à cause d’idiotes convictions.

     

    À l’âge adulte, je voulais me débarrasser de l’influence des sentiments dans ma vie quotidienne. J’ai longtemps lutté contre mes penchants sentimentaux. Je pensais qu’en devenant un homme libéré des contingences du cœur, je serais plus fort et plus intelligent. J’ai été soulagé quand je suis tombé amoureux. Tout ce qui faisait ma raison de vivre s’est vu balayé d’un revers du cœur que rien n’aurait pu empêcher.

     

     

     

     

     

     

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