• Epilogue

     

     

    L’état de saisissement reste un mystère nécessaire pour l’écrivain. Y réfléchir c’est m’interroger sur les raisons qui m’incitent à créer. La réponse à cette question est introuvable dans le premier jet. L’est-elle davantage dans la phase de réécriture ? Je ne pense pas. D’ailleurs, elle est à mon avis absente dans toutes les autres étapes de la création littéraire.

    En relisant, hier, l’intégralité de mon roman, j’ai été ému. J’ai découvert avec plaisir ce que je ne pensais pas écrire.

    Désormais, je considère la relecture de mon propre texte non encore édité comme une répétition générale où le lecteur que je deviens pourra à sa guise et sans commettre aucun délit d’ingérence, bien au contraire, jouer à l’auteur sur le point de renaître.

    Le jeu incessant et confidentiel de va-et-vient présent lors de la relecture -  entre le spectateur que je suis toujours et l’auteur en puissance qui continue à être quoi qu’il en soit -  revient à rapprocher l’œuvre que je lis de celle que j’ai écrite. À un moment donné elle finit par m’échapper. Cela me fait penser à ce que disait Sartre à propos de l’écriture : « On parle dans sa propre langue et on écrit dans une langue étrangère. »

     

    Après avoir relu les mots et phrases de mon manuscrit pour les changer, les corriger, les enlever ou en rajouter d’autres mieux venus, je les trouve tellement loin de moi.

     

    Il est peut-être là le mystère du saisissement : dans un état que je qualifierais d’émerveillement libérateur. 

     

     

    Blogmarks

  • Commentaires

    1
    Mercredi 25 Janvier à 06:38

    Une très juste réflexion où, même si j'ai peu écrit,  je me retrouve. Bonne journée, Thierry. Content pour toi de voir se terminer ton roman.

      • Mercredi 25 Janvier à 07:11

        Merci, Serge ! Suis déjà sur un autre texte...

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