90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
à la cuiller le temps de faire un bol au micro-onde se tord le soleil derrière la vitre et les oiseaux au tremblement de terre volent comme dans un film qu’Hitchcock a un jour rêvé le tapis du petit déjeuner sans bruit se déroule à l’intérieur des bouches...
Ce sera plus tard dans la journée quand la télé sera éteinte que le frigo fera ses vocalises que les enfants auront leurs peluches près du nez endormis que les chauves-souris commenceront leurs rondes intrépides à toute vitesse que les arbres fermeront...
J e m'imaginais à vingt ans gros comme le sergent Garcia. Cela m’effrayait. Pourtant ce personnage de Walt Disney m’amusait, lui. Quelle allure pouvait-il bien avoir à huit ans ? Est-ce qu'il pesait quarante kilo comme moi ? Il devait faire plus. Quand...
La préparation de son exposition était presque terminée. Il ne manquait plus que quelques œuvres à accrocher aux murs et de petits agencements à revoir. Il avait longtemps hésité sur la place qu'occuperait telle ou telle pièce, avait changé d'avis à plusieurs...
Je passais certains jours d’été à attraper les mouches à l’aide d’un verre. J'adorais cette chasse. Dès que j'avais réussi à en avoir une, je la gardais prisonnière le plus longtemps possible. Pendant ce temps, je m'amusais à en capturer d’autres. Chacune...
on ressortirait bien les bougies on créerait bien des pannes de courant on se tairait bien toute la nuit on se réchaufferait bien sous la couverture on s'écouterait parler doucement on sentirait bien nos rêves venir on oublierait bien la dure journée...
Je retrouve par hasard Dans le grenier de ma grand-mère Les premières lettres Ecrites pour elle Rangées à l’intérieur D’une grosse boîte A biscuits en fer Alors que j’avais sept ans. J’aimais déjà les petits détails De la vie qui vont Du nombre d’œufs...
Pour la rentrée des classes, ma mère nous emmenait avec elle faire les courses chez Martine – le supermarché du coin. J'adorais me retrouver parmi les cahiers neufs et les beaux stylos. Je prenais de sages résolutions. Cette année, je travaillerai bien....
je n’écoute pas toujours les voix pleurant au fond des bois les cris montés aux cieux les rires figés dans mon bol les signes perçus au ras de l’eau mais parfois il y en a un seul que je saisis et je fais tout pour le garder il se transforme ensuite en...
Les grands, dans la cour, m’appelaient Gros-Lard. Dès qu'ils me voyaient, ils se fichaient de moi. J'avais honte d'être gros. Ils étaient plus forts que moi. J’étais impuissant face à leurs moqueries. Petit à petit, je m’habituai à mon nouveau surnom....
Les poules, c'est chez mémère que j'appris à les observer. Je m'amusais souvent à les coincer dans un grillage et à les attraper. Elles étaient bien chaudes sous leurs plumes. Je sentais leur cou fragile. Et dire qu'il y a de bons oeufs qui sortent de...
on met la table dans sa tête on boit un coup avec les poules on mange debout devant le film on chante n’importe quoi pour séduire on rit très fort que les rats partent on s’imagine des choses impensables on devrait être morts depuis longtemps on est toujours...
Je me répétais souvent mon surnom à voix basse. Gros Lard, Gros Lard, Gros Lard, Gros Lard, Gros Lard, Gros Lard.... résonnait dans mes oreilles tel un néologisme. À la longue je finissais par me demander ce que voulait dire ce mot. J'étais réellement...
J'étais tellement peureux que je prenais un malin plaisir à effrayer les autres. Florence ne voulait plus que nous partagions la même chambre. Je lui racontais trop d'histoires insensées d'épouvante et de fantôme. Elle aurait préféré des contes de fées....
Comme j'ai pu m'ennuyer quand j'étais enfant ! J’avais horreur de l'inaction. J'étais un gros lard hyper actif à qui il arrivait souvent d'être, malgré tout, comme une âme en peine. Alors je me mettais à la fenêtre de la cuisine et je crachais dans la...
Je repense souvent, en prenant des notes sur ce film, à une ancienne amie à qui j’avais demandé innocemment un jour ce qu’elle trouvait de si extraordinaire dans le fait d’avoir des enfants et qui fut bien en peine de me répondre. J’étais à l’époque encore...
Chez eux, j’étais comme un roi. Les tourterelles me réveillaient tous les matins avec leurs roucoulements musicaux que j’interprétais comme l’annonce d’une journée ensoleillée. J’étais heureux ; je ne pensais jamais qu'un jour je deviendrais un adulte...
Il y en avait une dans la classe, elle était forte en astronomie. C'est son père qui lui avait communiqué sa passion. Tous les soirs, elle regardait le ciel avec sa lunette astronomique et le lendemain matin, elle en parlait à toute la classe. Mes camarades...
J'aimais bien regarder mon père tondre la pelouse. La machine imprimait des traînées nettes et régulières dans l'herbe coupée. Il marchait derrière la tondeuse, impassible et déterminé. Sa démarche machinale m’hypnotisait. On aurait dit qu’ils ne formaient...
Quand papa m'annonça un matin que Sultan était parti, je pensai qu'il reviendrait, comme il l'avait toujours fait. Cette fois-ci c'était différent : je venais de comprendre, à ma manière bien sûr, qu'il s'agissait là d'un euphémisme. Quelle idée de parler...
Je ne dirai rien de ce voyage de nuit qui nous a emmenés tôt le matin sur le parking d’une plage du Nord de la France pour manger du pain beurré frais et tout juste sorti du four avec des crevettes grises en guise de petit déjeuner dans la voiture de...
J'avais tout pour être heureux et pourtant je ne l'étais pas entièrement et cela me gênait. J'aurais tellement aimé connaître un bonheur plus long que celui que procure le petit déjeuner. Mon malaise devait venir de là. Je souffrais d'insatisfaction de...
Les noeuds s'en vont avec les visions du matin au soir ils dévalent l'intérieur du corps en très peu de temps c'est comme si une descente géante avait lieu en permanence. Puis d'autres bosses se reforment sans crier gare la bouche fermée les yeux sortis...
Mon oeuvre porte, je crois, les cicatrices inconscientes de mon hésitation. Mon geste est sûr mais je ne sais jamais où il va m'abandonner. Je m'accroche à lui et fatigué, je le laisse partir. Mes photos sont comme des toiles creusant dans le noir et...
Il se dirigea alors vers le laboratoire de son enfance, accompagné de son oncle. À peine fut-il arrivé qu'il comprit. L'odeur lui monta au nez. Des dégoulinements pestilentiels sortaient des boyaux qu'ils grattaient machinalement. Les mains des ouvriers...