90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Pourquoi ne me reste-t-il de cette entrevue que l’arrière-plan de la faïence rouge et blanche sans rien d’autre de la personne avec qui j’ai parlé au bord de l’océan ? Je voulais manger un jambon beurre et revenir ensuite à pied serein semant aux mouettes...
tu t’imagines la froideur de l’eau en train de couler dans la salle de bains et tu te déshabilles en me parlant de ce livre que tu reliras ce soir je n’en reviens pas d’entendre encore la piscine alors que tu dors profondément et je respire comme un mort...
Ils n’ont pas besoin de bouger beaucoup les bras pour maintenir leur flottement à la surface de l’eau. On dirait qu’ils font partie du décor. On les confondrait presque avec les bouées tellement leur immobilité est saisissante. Bientôt ils rentreront...
La mer transporte ses effluves jusqu’à la terrasse du bar où une jeune femme décide de venir finir sa journée. Les gens parlent à voix basse. Le soleil entame un long sommeil et se couvre déjà de rides orangées. Le spectacle de sa lente descente derrière...
C’est la première fois aujourd’hui qu’il fait allusion à maman sans que je lui demande quoi que ce soit sur elle, je veux dire sans que je l’interroge exclusivement sur sa vie et sa personnalité. D’habitude, il évite d’en parler ; fait comme s’il n’avait...
En lisant, le bruit sourd de la concentration a la faculté d’éclairer des personnages obscurs. L’ombre dans laquelle ils évoluent est différente de celle qu’on trouve sous les platanes. Parce que les personnages ont des voix changeantes à l’intérieur...
la neige a des plis tombant sur les arbres par couches successives recouvre les manches des branches sans espoir revernies par l’hiver le lampadaire est un microscope à flocons faisant ressortir l’acharnement de la tristesse heureuse derrière les vitres...
J'avais pris l'habitude d'aller me coucher tôt. À huit heures, j'étais au lit. Forcément, j'avais du mal à m'endormir et ce à cause de drôles d'idées difficilement digérables. J’étais impatient de rêver. Quand je m'envolais, c'était grandiose. Je n'avais...
Et tu regardes par l’été la fenêtre d’un bois déjà couvert de neige alors que la plage n’a pas encore déroulé ses étoiles de mer sur ta peau d’un ciel en nervures. Et tu baisses les yeux dans ton thé les mains autour du radiateur les feuilles tombées...
Les poils de l’homme assis sont de plus en plus longs. Ils poussent sans rien lui demander comme des enfants crient alors que tout va bien. C’est ainsi que la vie file entre observations personnelles impossibilité viscérale à agir et à comprendre au fond...
Parfois, avec papa, c’est comme si je parlais à un fantôme. Son esprit est plus présent que son corps mais il flotte au-dessus de théories qu’il déballe du fond des temps. Tout cela ressemble à des croyances adaptées au goût du jour. Elles l’aident à...
J’aimerais avoir une pensée plus stable, prête à s’engager dans une voie et jusqu’au bout. Le problème, c’est que dès que je sens que ma réflexion est arrivée à son terme – si ça a du sens de dire ça -, je pars déjà sur d’autres pistes et j’ai alors l’impression...
Quand je pense à la crise que nous traversons, moi et mes potes, je trouve qu’elle a le mérite d’être sincère. On ne peut pas nous reprocher le contraire. Bon, c’est vrai, il y en a pour qui ce passage obligé vers le monde des adultes est plus forcé que...
Est-ce que les adultes se sentent également découragés par la somme de problèmes, conflits intérieurs et extérieurs à résoudre en une journée, et des questions sans réponses revenant sans cesse comme des nuages posés au-dessus d’une île paisible incapable...
Sa fenêtre reste ouverte comme la première nuit laissant ainsi se croiser les parfums crépusculaires et ses pensées nostalgiques. Parmi ces courants entrants et sortants quelques notes symphoniques se font tout juste entendre. C’est la musique du sommeil...
Pourquoi n’a-t-il gardé aucune photo de maman ? Toutes celles où on me voit avec elle, elles sont coupées. Il ne reste d’elle qu’un bras ou une longue main caressante posée sur ma petite joue, mes cuisses potelées ou mon ventre grassouillet de bébé. Il...
- C’est pour ça que t’as choisi d’être auteur de BD, pour enterrer ton malaise ? - Au début, quand on se met à créer, on sait pas pourquoi on le fait. C’est quelque chose qui est en toi et que t’arrives pas à contenir. On n’a pas besoin de se forcer,...
Il savait que la qualité d’une vie se mesure à la distance d’un père à son fils. Garouste I Aujourd'hui, il pleut encore. Mai n'aura vraiment pas été ensoleillé, à part une seule semaine de beau temps au début du mois, c'est tout. Les flammes du feu,...
Les oiseaux dans le ciel prenaient des virages acrobatiques quand je levais la tête. Ils frôlaient le sol et remontaient à toute allure. Je me souviens que les feuilles des arbres bougeaient légèrement au moment où je retenais mon souffle – vérifiant...
Le matin où mon père m'annonça que Sultan était parti, je pensai qu'il reviendrait, comme il l'avait toujours fait. Cette fois-ci c'était différent : je venais de comprendre, à ma manière bien sûr, qu'il s'agissait là d'un euphémisme. Quelle idée de parler...
La blancheur de sa peau détonne avec la noirceur de son maillot de bain. Elle, par contre, dans son bikini vert clair, a le teint encore plus mat qu’à l’accoutumée. Son bronzage est caramel et les contrastes sont éblouissants. Main dans la main, ils courent...
Je rêve d’être indépendant, de vivre ma vie comme je l’entends, d’être débarrassé de mes préoccupations d’adolescent auxquelles je suis néanmoins attaché. J’imagine que je serai vraiment adulte quand j’arrêterai de me poser des questions sur ma mère décédée...
Forcément si je continue ainsi, je commence à percevoir, dans les évocations de mon enfance, des éclusiers vêtus de bleus de travail avec la casquette du même bleu, tachée à la base de la visière d’une auréole formée par la transpiration du crâne. Je...
Les adultes ont l’air d’être moins en dents de scie que nous, les ados. C’est ce que je me dis quand je sens que je vais trop loin dans le dégoût de moi-même. Je me force à croire que j’appartiens à un groupe et qu’il ressent les mêmes complexes que moi...
Et d'un seul coup une rêverie inattendue me secoue alors que je devrais me concentrer sur mon travail. Le seul moyen de m'en sortir me dis-je c'est de la raconter dans mon texte en cours sinon à quoi sert-il d'écrire si c'est pour toujours rester sérieux...