90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
A force d'écrire je suis obnubilé suspendu et sous-marin en apnée avec les chiens. (Poèmes à force d'écrire)
A force d'écrire les détails me sautent aux yeux les insectes sont des dinosaures et les murmures des paroles stimulantes. (Poèmes à force d'écrire)
son immobilité parfois que je trouvais longue debout face à la fenêtre de sa cuisine avec vue sur le jardin me donnait le sentiment qu'il avait du sang de statue dans les veines.
Et puis le ciel s’obscurcit subitement au moment où l’homme tira longuement sur sa cigarette et que sa femme étendait la lessive tout juste terminée nous raconte le poète émerveillé et hésitant comme à chaque fois qu’une scène s’impose à lui sans raison...
je rentre le ventre des réveillons à venir en songeant au sens des fêtes perdues dans les bois
Il suffit de la juxtaposition du mot pont à côté de l’évocation du chien en train de dormir dans son poème pour qu’une tendresse infinie m’envahisse dès le matin sans que je sache l’expliquer autrement qu'en écrivant.
La parole qui ne vient pas est restée avec mes jouets d’antan sous une couverture trouée un lit défait un canapé râpé elle m’empêche d’avoir mon langage alors j’en ai adopté un autre avec le temps que je rafistole à longueur de récits dans les tiroir...
Au fond moi Vole une nappe Incrustée de miettes De pique-nique Pris avec mes animaux De compagnie Une nuit de pleine lune Où tout le monde S’était mis à danser Autour d’un vieux chêne Qui réveilla le quartier.
dans ta bouche j'ai senti l'escalator descendre et nos lèvres se tordre se mettre de travers je me suis accroché à la rampe de ta langue et on est arrivés en bas au rayon des livres pour enfants alors que tu voulais monter à l'espace cosmétique faire...
le ciel rose est une tartine de confiture à l'orange qu'aurait perdu la notion des couleurs devant mon appétit d'homme attiré par les correspondances
la lumière du néon de la cuisine l'hiver leur faisait des têtes de mort au-dessus de leurs assiettes de soupe aux légumes.
Ses tremblements de main secouaient ma jeunesse et sa difficulté à respirer à cause d'un asthme sévère étouffait mes petites préoccupations d'enfant heureux. Je redoutais de vieillir alors je me mettais à admirer le beau camion rouge qu'il venait de...
Les os par terre sont des restes de fêtes et des marques d’amour laissées aux survivantes obnubilées par la belle étoile.
Si je veux me souvenir je casse tout autour de moi des tasses au plafond je force les rêves et regarde les squelettes sur la plage quand l’hiver vient d’arriver j’entends alors Williams et vois Taylor comme si j’avais déjà été sur scène avec des dialogues...
En tirant le plus loin possible le fil de mes pensées j’arrive toujours au même point déformé par les sentiments que je rentre chez moi.
Dans l’eau de mes rêves Et la terre de mes ancêtres Fourmillent des personnages En demande de partage A l’affût de naufrages A l’écoute de murmures.
Le cochon qu'il venait tuer chez nous tous les ans saignait à côté du poirier. Si bien que quand on mangeait du clafoutis aux poires il avait parfois un goût de boudin.
Quand Gombrowicz prétend qu’il ne sait pas qui il est mais qu’il souffre quand on le déforme c’est surtout sa souffrance plutôt que sa déformation que je me représente très bien
J’ai déjà remarqué que les personnages de ses poèmes sont les mêmes que ceux de ses romans avec une épaisseur en plus que sa prose n’arrive pas à égaler et qui le rend triste je le sens livre après livre.
les dizaines d'yeux au lard de la quiche lorraine sur son visage jaune nous regardaient fixement comme pour nous dire laissez-nous tranquilles laissez-nous tranquilles avant qu'on les découpe dans notre assiette et qu'on les entende devenir aveugles au...
J’écrirai un jour des poèmes dans les musées que j’intitulerai poèmes dans les musées. Il faudra seulement que j’y pense la prochaine fois si j’ y vais parce que j’oublie souvent ce que je m’étais promis de faire une fois dans les musées.
Quand je suis mort le roucoulement des tourterelles n’était pas comme d’habitude et cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille mais j’ai continué à faire comme si de rien n’était jusqu’à ce qu’il fût trop tard pour prendre conscience réagir et ne pas...
Quand je suis mort c’était le jour de ma naissance tout était artificiel ce matin-là : de la respiration à la lumière de la voix des machines à l’odeur de la salle d’accouchement où tout s’enchaîna très vite malgré les efforts de l’équipe.
La sueur perlait sur son front brillait comme des petites étoiles au soleil. Ses rides ressemblaient tantôt à des nuages tantôt à des traînées d'avion plus ou moins voyantes : tout dépendait de la lumière ambiante et surtout des efforts qu'il faisait...
A proximité de la rivière Où dorment les grues (Toujours à la même période) Un intrus tape désormais l’incruste Avec des yeux rêveurs Et un poil dru difficilement Identifiable malgré le beau temps Et les idées claires Qui vont avec la nouvelle saison...