90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
J’ai vite compris que les jeux étaient faits et que rien n’allait plus quand en un coup de bluff il a remporté la mise et que j’étais fauché jusqu’à la fin du mois.
J’ai vite compris que c’était la fin de la course : je ne sentais plus mon cœur j’avais la sensation d’être un mort vivant avec des jambes immenses complètement atrophiées.
J’ai vite compris que le cheval évoqué dans mon texte était une allégorie de la nervosité par opposition à la nonchalance suggérée par l’image du chat ronronnant.
Je ne m'attendais pas à écrire autant de livres et encore moins à ne pas m’en lasser.
L'exotisme n'existe pas je le sais depuis que j'invente des circuits incroyables à mes songes apatrides à mes habitudes d'homme au nombril profond de plus en plus creusé avec le temps.
Je rêve souvent assis sous mon tilleul que je fais un pique-nique avec des amis de longue date dans un film tourné par Bertrand Tavernier.
J’ai vite compris que nous étions arrivés à destination quand j’ai vu qu’il y avait un monde fou pour écouter des poètes lire leurs poèmes sur la place publique.
Toute la nuit j’ai voyagé de pays en pays sans valise ni bagage et cela ne me posait aucun problème. A mon réveil je suis parti faire une longue marche dans la forêt tout nu dans l’espoir de retrouver la même légèreté que dans mon rêve.
J’ai vite compris que l’été serait de courte durée à la manière dont les cigales chantaient cette année-là.
Je ne m'attendais pas à marcher plus vite que mon ombre. Il faut dire avec le dédoublement de la personnalité dont je suis victime depuis des années et des années cela ne m’étonne qu’à moitié.
Alors on finit par croire tout en ayant des doutes qu'en se penchant au-dessus du balcon des festivités qu'on s'invente l'air devient soudain plus respirable moins toxique et plus en adéquation avec ses propres recherches d'homme incapable de dire où...
J’ai vite compris que le temps aurait le dernier mot même s’il ne parle aucune langue.
Oui à la fin une section du voyage comptera pour du beurre et une autre inattendue restera gravée à vie dans les poils et la peau douce de mes rêves de compagnie les mains de plus en plus chaudes quand arrive l'hiver les yeux grands ouverts.
Toute la nuit j’étais dans une fête entouré de gens masqués et complètement muets qui dansaient sans musique. A mon réveil j’ai tout de suite mis un disque sur ma platine le premier que j’ai trouvé et c’était Gymnopédies. Je fus soulagé : Je n’étais pas...
J’ai vite compris que je dormirais dehors à la belle étoile près des hérissons et des chats errants quand je me suis aperçu à vingt-trois heures que j’avais perdu les clés de ma maison et que tous les serruriers du coin dormaient depuis longtemps.
Toute la nuit J’ai surveillé la mer du haut d’un phare à en devenir aveugle et à mon réveil mes yeux se sont ouverts avec une acuité qui m’a permis de voir au-delà de l’horizon les nids cachés de tourterelles et les clins d’œil improbables de passants...
Je m'apprête à reprendre mon travail commencé il y a deux ans et laissé en chantier depuis histoire de vérifier si j’ai le courage de le poursuivre ou de l’abandonner.
Rien n'est plus juste qu'un vers caressant sur lequel je tombe par hasard alors que le ciel est gris et l'arrivée du soir bientôt en manteau.
Je m'apprête à rentrer dans la peau de mon personnage pour le plaisir d’être un autre qui ne l’est pas vraiment puisque qu’il sort de mon imagination.
Pourquoi te vois-je dans un wagon quand je pense à toi au coeur de la nuit alors que tu es à mes côtés tout contre mes ailes d'homme déjà parti depuis belle lurette à survoler des pays que je découvre en sentant ta peau ?
Toute la nuit j’ai surveillé un troupeau de moutons au bord de la mer. A mon réveil quand j’ai vu que j’étais au lit et qu’il pleuvait dehors j’ai quand même cherché les moutons dans la maison.
Comme si je réussissais une exposition permanente au milieu des plats et des odeurs des silences et des chansons et que je voulais que ce soit elle la vraie l'unique image de mon acharnement visible pour tout monde.
D'un côté j'ai le sentiment de lire tous les jours même en dormant. Et de l'autre une fois réveillé certains livres ressemblent à des rêves.
D'un côté ses paroles prononcées dans un bar m'amusent. Et de l'autre je n'aimerais pas être sa femme si j'étais une femme.
J'écris des poèmes parce que j'oublie de prendre des photos. C'est aussi simple que cela c'est ce que je lui dirai quand on se reverra. Il faut toujours être précis sinon on se fait des films et ensuite on tombe de haut.