90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Parce que mon travail quotidien Consiste à transformer Mon miroir intérieur En fenêtre ouverte sur le monde. C'est tout ce que je peux dire quand on me demande ce que je fais tous les jours.
Comment expliquer ce qu'il ne dit pas dans son poème mais qu'on comprend tout de suite très bien et même beaucoup mieux qu'un long discours philosophique ?
Puis juste après ce sentiment De printemps éternel Au milieu duquel Une jeune femme pleure Sans qu’on sache pourquoi On entendra son téléphone sonner Mais elle ne répondra pas. Devant l’insistance des appels Elle finira par jeter son portable Par l’autre...
la vie dans un élan de carte postale écrite face à un port pourrait être simple si les bateaux ne tanguaient pas pour la photo
Les apparences sont trompeuses les émotions jamais : elles sont le contrepoint d’une mélodie qu’on pourrait croire à bout de souffle. En fait il n’en est rien bien au contraire : les rebonds sont infinis au-delà de la froideur des chants du coq et du...
Je ne l’ai pas encore écrit le poème que je veux mais je sais qu’à chaque fois je m’en rapproche puis au dernier moment il m’échappe me taquine me tire la langue sans que jamais je ne parvienne à la lui couper.
Et il se mit à parler au soleil dans une langue autistique. Quand je lui demandai ce qu'il lui avait raconté, il me dit que ce n'était rien, juste qu'il arrête de se la péter là-haut au zénith.
Ce qui m’intéresse C’est de filmer Ses yeux fermés M’y attarder un peu En oubliant Qu’elle dort Juste pour le plaisir De raconter l’histoire D’une quiétude à peine Contrariée vulnérable Et livrée au printemps et à ses mains de doux vautour. ( plan suivant...
En filmant de près Les plis de sa robe Et rien qu’eux Pendant plus d’une minute Alors que la jeune femme Dort allongée sur son lit Je donnerai au printemps Un regard de femme âgée Qui n’a plus rien à prouver. (plan suivant)
Au moment de déjeuner seul dans sa cuisine l'hiver arriva.
Regarder une terrasse vide Donne le bourdon A l’été qui passe Mais si elle était pleine Cette terrasse à regarder Rendrait-elle plus joyeux L’été qui passe ? Certainement pas : On attend trop de certains lieux Sans savoir qu’ils ne sont pas responsables...
Assise sur la pelouse en plein après-midi de soleil ses grimaces sont très belles.
Puis au moment De filmer son réveil Je suis interpelé par un détail Que je n’avais pas prévu : La photo d’un homme D’un certain âge Punaisée au mur Sur une Harley Davidson Devant l’entrée de la maison Où elle s’est endormie.
Quand je suis mort j’étais dans ma voiture à l’arrêt sur un parking en train d’écouter Blackstar de David Bowie. C’était un jour de grève nationale et je me souviens que la playlist de France info était toujours parfaite dans ces moments là.
les poissons vivent hors du temps avec leurs nageoires contre vents et marées et leur vertige gobé à la surface du lac ils sont légers comme des pendules : rien ne les arrête l’eau a cette vertu me dis-je en courant d’accélérer la volupté de ralentir...
Tranquille dans sa piscine pour un dernier bain de minuit des ailes de libellule lui poussèrent dans le dos.
Ce qu’il y a d’incroyable Avec les poèmes que j’écris Ce sont les graines Qu’ils laissent A leurs pieds Une fois qu’ils sont finis : Quelques jours plus tard Elles donnent naissance A d’autres petits Sans mon aide Comme ça toutes seules.
Jour après jour sous le soleil son imagination fondait.
Un sentiment indescriptible S’est glissé dans mon poème Que j’ignorais jusque-là Si je continue à écrire C’est pour en connaître d’autres A partager avec vous Si vous souriez après m’avoir lu C’est que nous appartenons A la même famille.
Le désir de se voir autrement Se prolonge dans le plaisir égoïste D’écrire tout le temps Comme si l’illusion avait besoin D’être entretenue en permanence.
Au moment où tout semble clair quelque chose chavire pas très loin du cœur puis renverse son contenu au milieu du rangement si bien que le travail est à reprendre sans savoir ce qu’il donnera ou ne donnera pas.
Juste après avoir bu son café encore assis dans son sofa il eut soudain envie de fondre.
S’il y a souvent des animaux dans mes poèmes c’est parce qu’ils rêvent toujours en moi quand j’écris et qu’il faut bien s’occuper d’eux si je veux continuer à m’exprimer en vers.
Il y en a qui disent qu’on ne peut pas être ici et là mais c’est sans doute parce qu’ils ignorent qu’en étant ici et là on cherche à être tout simplement.
Entre les murmures de la plage les affaires du ciel et les cheveux mouillés il mesure la chance qu’il a d’être soudain dans le présent.