90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Je n’avais rien demandé Et j’ai subitement senti une caresse. Elle venait des fleurs de son jardin. On aurait dit le contact Appuyé des poils soyeux De ma chatte sauvage En train de frotter son flanc Contre mes mollets nus en plein été.
Nous sommes devenus Sans nous en rendre compte Des nains attachés Les uns aux autres Avec l’envie irrépressible De danser toutes les nuits Ensemble jusqu’à épuisement.
Nous n'avions pas encore décidé si nous allions dormir à la belle étoile et petit à petit la décision est venue de nos corps : ils nous ont entraînés sur le chemin de la plus belle nuit de notre vie à deux.
Ce que j’aime dans son livre C’est le laitier endormi Le gel qui fait rougir ses joues Le cheval accélère Dès que la bise forcit Les ongles de la femme Sont longs avec un reflet crème Et elle n’a pas le temps De défaire sa natte de nuit Un chien roux...
Quand je lis dans son roman qu'il faut qu'elle parte dans le pays du Nil où les crocodiles défilent et les abeilles aiment les mirabelles je me dis que c'est une idée originale pour un retour au sources.
Comme si c’était Une histoire vraie Et que tout semblait D’une évidence limpide Il avait fini par trouver Sa place dans cette fiction A tel point qu’il décida De ne plus en écrire D’autres de peur de trahir Sa nouvelle identité D'être démasqué De ne pas...
Les apparences sont trompeuses les émotions jamais : elles sont le contrepoint d’une mélodie qu’on pourrait croire à bout de souffle. En fait il n’en est rien bien au contraire : les rebonds sont infinis au-delà de la froideur des chants du coq et du...
Passer quelques jours à Paris C’est pour moi comme Marcher dans un livre Incroyable où je vais D’émotion en émotion Sans jamais me lasser.
Quand il disait Faut pas croire Les gens ont l’air d’aller bien Mais chacun de nous A sa nuit Je songe à nouveau A ses yeux bleus Qui regardaient Par la fenêtre de l’hôpital Le ciel nuageux Qui lui faisait du bien. Je n’ai jamais su pourquoi.
A force de tendre le dos Il devint bossu Et l’obsession de son avenir Changea de nature : Il fit tout pour retrouver Un dos bien droit Une tête haute Et des idées moins noires. Mais en vain malgré son application.
Il va falloir que je fasse La poussière de mon bureau. Mes éternuements explosifs Sont à prévoir. Je vais devoir avertir ma femme Afin qu’elle ne sursaute pas Au premier coup de chiffon.
Puis une fois arrivés à destination Racontons-nous nos derniers rêves Autour d’un feu de camp En espérant qu’en allant Nous coucher juste après Nous en faisions d’autres Tous aussi stimulants Les uns que les autres Pour continuer à créer.
Rejoignons ensemble Les berges de l’étang Proche du chalet Où nous regardions Les poissons s’accoupler En inventant des chansons Que nous voulions immortelles.
Derrière la vitre de la porte Des ombres gesticulent Que je me sens obligé De faire vivre quand j’écris Par peur de croire Que les visions me dominent.
Dire qu’Orwell s’est Retiré dans une ferme Isolée sans eau ni électricité Sur l’île de Jura Dans l’archipel des Hébrides En Ecosse Pendant les trois dernières Années de sa vie Afin y écrire son chef d’œuvre 1984 me laisse toujours sans voix Et pétri d’une...
En essayant de retranscrire Ce dont j’avais rêvé Je me suis rendormi En rêvant que J’étais recherché Avec d’autres écrivains Pour avoir écrit ce que je pensais.
Les deux réverbères de ma rue Se fixent depuis plusieurs heures Ils ressemblent à deux êtres Incapables de se parler De se rapprocher l’un de l’autre De se réchauffer l’un contre l’autre Transis d’amour en pleine nuit.
Si je ferme les yeux je me surprends à parler à ces visions dadaïstes harcelantes mais tellement stimulantes quand j’ouvre à nouveau les yeux et que je deviens mutique concentré sur mon tri et mes compositions à venir. (Si je ferme les yeux)
Si je ferme les yeux j’ouvre les fenêtres d’une maison inconnue dont je fais le tour à la recherche d’un texte que j’aurais égaré dans un rêve ou au cours d’une visite avec un écrivain à la fois guide et interprète. (Si je ferme les yeux)
Quand je suis mort j’étais collectionneur de plumes d’oiseaux je m’en souviens comme si c’était hier. Et puis après plus rien sur l’existence que je menais et les conditions de ma mort seulement un pont à la dernière minute que j’ai vu sauter au loin...
Quand je suis mort j’étais dans ma voiture à l’arrêt sur un parking en train d’écouter Blackstar de David Bowie. C’était un jour de grève nationale et je me souviens que la playlist de France info était toujours parfaite dans ces moments là.
Quand je suis mort c’était le jour de ma naissance tout était artificiel ce matin-là : de la respiration à la lumière de la voix des machines à l’odeur de la salle d’accouchement où tout s’enchaîna très vite malgré les efforts de l’équipe.
Quand je suis mort le roucoulement des tourterelles n’était pas comme d’habitude et cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille mais j’ai continué à faire comme si de rien n’était jusqu’à ce qu’il fût trop tard pour prendre conscience réagir et ne pas...
Quand je suis mort j’avais pris en photo le chemin enfin retrouvé où enfant je venais m’isoler pour m’entraîner à faire des tours de magie devant les yeux rêveurs de ma tante chanteuse d’opéra.
Sous son air de tueur d’élite germait l’âme d’un organisateur de courses d’escargots hors-pair.