90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Le ciel que j'ai en moi n'a pas d'étoiles Il est composé de gros nuages auxquels je m'accroche - quand je n'écris pas - pour survoler les mers les montagnes et les routes infinies toujours là à narguer mon désir d'oiseau bien vivant depuis que je rêv...
la vie dans un élan de carte postale écrite face à un port pourrait être simple si les bateaux ne tanguaient pas pour la photo
Si je veux me souvenir je casse tout autour de moi des tasses au plafond je force les rêves et regarde les squelettes sur la plage quand l’hiver vient d’arriver j’entends alors Williams et vois Taylor comme si j’avais déjà été sur scène avec des dialogues...
il y a un bout de mer toujours allant venant avec des mots d’enfant partis avec lui au loin écrits sur le sable et je ne peux m’empêcher de le retenir sur la plage en regardant ma fille construire son château je suis un sablier démasqué par le fossé tout...
juste là au ras des herbes à la cime des pins des rouages dans le ciel laissés par les nuages en plein rêve jouent des musiques secrètes qu’on entend dès qu’on devient sourd
Sous les couvertures les jours ne sont pas les jours passés ils sont ceux sans nom absents des calendriers que les saisons retiennent par le bout des caresses dans le creux des reins des rêves futurs de libellules en suspens.
En route pour de nouvelles aventures main dans la main les yeux rivés au sol ils arpentent le chemin menant à la forêt où les animaux parlent et les insectes s’aiment.
Je tombe sur un marché où l'on vend des fleurs gigantesques et des animaux minuscules. Les gens achètent la fleur qui va le mieux avec la bête.
C’est un long poème que j’aurais voulu écrire et je me rends compte que je prends plus de plaisir à chercher mes mots qu’à trouver des images.
Il suffit que je revoie le corbeau perché sur la cime du haut sapin juste en face de moi et je songe tout de suite au poème que j’ai écrit sur lui il y longtemps à la même heure que ce matin devant mon blog.
Comment expliquer ce sentiment étrange de ne rien comprendre tout en sentant à longueur de temps l’épaisseur des contours du moindre regard si ce n’est en écrivant des poèmes ?
Les trains des poèmes de mes amis me rentrent souvent dedans à fond la caisse avant même que les voyageurs ne descendent me saluer moi qui suis là sur le quai à les attendre depuis que je sais lire et que je ne voyage plus.
ce n’était pas vraiment des voitures des camions et la montagne qu’on voyait dans ses poèmes et pourtant on aurait dit qu’ils étaient là tout près du lit le soir au moment de fermer les yeux
Pluies après pluies Des rigoles se forment Des pays sont inondés Des soleils se noient Et des gens survivent Comme ils peuvent Le cœur toujours là A battre et battre encore Contre la vitre du corps Dans la maison des émotions Infinies et salvatrices.
Puis devant une rivière je peux rester des heures et des heures à repenser à un vieux poème écrit par un auteur dont j’ai oublié le nom mais pas les mots jamais ses mots flottant quelque part à la surface de l’eau.
Avant de connaître La poésie de Julia Vinograd J’ignorais que les poètes Pouvaient faire des bulles Rien qu’avec leurs mots Dits dans les rues de Berkeley Allez savoir pourquoi.
Au-delà des feuilles tremblantes de la table bancale des chaises trouées du regard dans le vague quelque chose d’infiniment stable et revigorant flotte dans son poème que je saisis rien qu’à la première lecture et me poursuit longtemps longtemps après...
Les photographies qu’il y a dans ses poèmes ont plus de force que si je les avais en tirage devant moi sur du beau papier et pourtant le poète me dit que ce ne sont que des mots qu’il n’y aucune image.
Il y a dans l’imagination des animaux de mon cœur un peu de mon quotidien d’homme vite à court d’idées.
Le calme du matin dans le bol de café noir ressemble à une île tremblotante.
Je pourrais m’avachir là tout de suite sur le canapé après une journée terrible à me prendre la tête avec des élèves que plus rien n’intéresse mais non quelques poèmes d’un recueil commencé la veille laissés sur mon bureau m’ont redonné la pêche et l’envie...
Si j'avais su enfant qu'adulte j'aurais écrit des poèmes dans lesquels les arbres parlent aux êtres vivants je ne me serais pas empêché d'en écrire plein d'autres par crainte d'être stupide et de passer donc à côté de ma sincérité.
De petits rêves en petits rêves j'ai appris à écrire des textes spéciaux pas du tout intéressés par le fait de grandir.
J'écris comme je respire lentement régulièrement en faisant des vagues parfois de bonne heure avec mon souffle de sportif au travail avec mes mots de coureur à l'arrêt j'écris comme je respire sans me poser de questions.
L’avantage des poèmes -enfin ceux que j’aime- c’est qu’ils n’ont pas le melon contrairement à certains romans pompeux et prétentieux que je ne lis plus depuis bien longtemps.