90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
A l’époque où nous mourions Pour du beurre Nous ignorions qu’on Pourrait être empoissonnés Sans vergogne par l’état.
A l’époque où certains De nos amis étaient enfants de chœurs Nous étions loin d’imaginer Que nous les reverrions à la télé Cinquante ans plus tard Se plaindre qu’ils avaient Été sexuellement abusés Par le curé du village toujours souriant.
on aurait envie de voir trembler la terre sous nos peurs descendues plus bas plus loin et sentir le ciel parcourir l’espace d’un bouquet l’étendue des parfums l’épaisseur du chagrin reconstruire sur des ruines le visage revenu avec ses formes musicales...
tant que je marcherai sur un fil prêt à céder je verrai les nuits de haut sans lumière les volcans en ébullition les cocottes en vapeur et les torpilles défiler je m’en servirai dans mes blocs notes pour faire la part des choses entre l’envie de tomber...
coupé en deux parties égales sur la table d’opération avec d’un côté ce qui va à la poubelle les yeux fermés sans réfléchir et de l’autre ce qui peut-être récupéré je suis un cadavre ambulant ralenti par les cicatrices et les sentiments
si ça se trouve l’ennui est un mensonge que la peur a inventé dans notre dos
Tout ce que l’on sait le poète ne le dira jamais avec ses connaissances de libellule mais dans sa langue de capucine.
et si les vers n’étaient que des bouts de laine dépassant comme ça des coutures de l’existence on ne pourrait plus rentrer dans nos poches une fois dehors ils auraient besoin de sortir sans faire de bruit pour nous habituer à être muets devant la musique...
Ma plus grande liberté est de vivre avec mes miettes de les ramasser jour après jour dans le creux de ma main de les donner aux oiseaux de les voir les manger avec eux picorer une histoire d’amour dans les airs de plus en plus forte.
quand le petit vélo se met en route à trois heures du matin les paysages défilent si vite avec les personnages que j’en viens à désirer ne plus avoir de jambes dans la tête et à récupérer mes forces et l’oubli des courses en solitaire
il faut que ça me parle sinon ma route reste la même droite et sans visage : les échos ralentissent l’angoisse
le plafond me raconte des histoires de ciel que je comprends bien il arrête au-dessus de moi l’infini et ses défilés ouvre chaque soir le ventre des nuages
dans un nouvel état d’esprit aux routes l’illusion brode ses coutures de plus en plus voyantes du haut des ponts la vue ne change pas elle attire vers l’intérieur des paysages les cartes de l’ennui à être un déterré
si tu ne veux pas être vieux mets-toi à écrire des poèmes ils te permettront de mourir avant d’avoir vécu
par moments le bateau glisse sans eau comme ça légèrement s’enfile l’horizon à grossir ses voiles d’enfant en train de dévorer des éclairs au chocolat puis d’un seul coup disparaît en pleine digestion trans- percé par la gourman- dise des rêves petit...
Tout autour des yeux ses cernes racontaient des histoires d'horreur qu'on regardait de loin avec la vague envie d'en connaître davantage sur l'origine de sa prison.
les coutures sont des chemins que je dessine plusieurs fois par jour elles donnent à la bouilloire des ourlets plus faciles à toucher en vapeur au-dessus des papillons meurtris par le soleil levé depuis longtemps dans mon dos
Avoir un enfant revient à mourir une première fois : tout un pan de sa vie, de sa philosophie de sa manière d’être et de penser disparaît dès le premier cri tant attendu poussé par le nourrisson à la sortie du ventre de la mère.
Au dernier étage de la maison comme il n'est que cinq heures du matin seule la lumière de l'ordinateur est allumée.
Le ralenti de l’été force la marche des rêves en suspens.
Transpirer donne des ailes à nos gros cœurs encore en hiver.
L'ombre sous le mûrier-platane à n'importe quelle heure de l'été a des allures d'île flottante en hiver.
Une forêt brûle à la télé. Des poissons dansent dans la mer. Les spectateurs meurent à petit feu.
Du linge sèche. Un homme transpire. Ses enfants dorment. Les voitures roulent doucement. La boulangère a allumé la lumière.
Sur l'horloge de la cuisine au petit matin timide et chaud des mouches s'accouplent déjà.