90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Entre deux livres lus il y en a souvent un autre qui germe et finit par disparaître en un tour de passe-passe incontrôlé. Puis il revient sous une forme inattendue et change encore pour terminer en poussière en projet complètement irréalisable et inv...
En cherchant bien je trouve que le lierre sur la façade de sa maison a au soleil une apparence de peau de boxeur en train de transpirer à grosses gouttes.
En cherchant bien les choses suivent leur cours naturellement et les trouvailles deviennent alors des cadeaux tombés du ciel.
En cherchant bien le ciel devient une toile l’allée gravillonnée se transforme en parcours lunaire et palpitant le passage des voitures au loin derrière les arbres ressemble au sang qui coule dans les artères d’un homme résigné et abattu devant l’incendie...
Arrivé enfin à destination je donnai au clochard assis par terre un billet de vingt euros qui le fit se lever d’un bond et me prendre dans ses bras. C’est la première fois qu’on m’accueillit aussi chaleureusement après un long voyage.
Arrivé enfin à destination je me sentis léger comme une plume pourtant je n’avais fait aucun régime pendant le trajet. J’avais l’impression de voler dans le ciel parmi les nuages et de découvrir l’endroit avec les yeux d’un oiseau heureux et frivole.
L’écrou de la chaise tombé il y a plus d’un mois retrouvé ce matin dans un bol alors que je m’apprêtais à prendre mon petit déjeuner m’a soudain fait sursauter : venais-je d’être victime d’un phénomène paranormal ?
Le brouillard est un tapis volant long et douillet emprunté par peu de gens. Les seuls voyageurs qui l'occupent me ressemblent souvent : toujours à l'affût de nouveaux moyens de transport gratuits silencieux et aériens propices aux longues rêveries impossibles...
Heureusement que nous nous aimons que nous n’attendons plus rien des récréations et des tours de manèges des feux d’artifice des serpentins et des cotillons sinon il y a bien longtemps que la neige ne fondrait plus même en été en plein soleil sur notre...
Le temps passe si vite et avec lui des tas se forment de plus en plus hauts au bord de la route où des gens passent matin midi et soir mais trop rapidement pour se rendre compte de l’étendue du chantier de la profondeur des tristesses.
A force de trier De classer De composer De me demander De laisser tomber De reprendre D’être certain De douter à nouveau D’être certain D’attendre De me taire De ne plus écouter Pierre Paul ou Jacques De me fier à mon instinct De ne plus croire Aux jeux...
Où sont passés tous ces paquebots restés immobiles à la surface de l'horizon quand désœuvré j'imaginais des guerres en les regardant stagner des journées entières ?
Le bal commence la nuit où les papillons rêvent les chiens n’aboient plus que pour dire les cernes.
Puis à la tombée du brouillard quand les histoires sont finies les phares des voitures se voient mieux après les accidents.
Une fois la course achevée les étoiles peuvent bien dormir et les voyageurs veiller sur les bêtes avachies une main dans les poils à caresser leur ventre dur.
C’est comme rentrer dans une toile à la fin de la journée les valises dehors pour les trains à venir.
Vient le temps des étoiles regardées qu’enfants nous pensions irréelles mais que nous percevons maintenant dans les yeux des années restantes.
Parfois la pensée s’arrête à meurtrir le poisson rouge dans l’eau du bocal de nos vies hésitant entre deux oiseaux.
Et la barbe repousse sur la peau du visage de l’homme attablé le regard vers le ciel les fils à haute tension au-dessus de la tête l’électricité d’un bout à l’autre des sentiments
Derrière les peupliers à ma gauche un ciel entièrement déchiré se déhanche de manière frénétique dans l'espoir j'imagine de dégommer l'avion voyeur filant à toute allure sur ma droite comme dans les attentas du onze septembre américain.
Quand la tempête s'arrête d'un seul coup on a l'impression de rajeunir de dix ans nous exclamons-nous en choeur dans le salon sans nous être concertés.
Nous aurions peut-être eu une autre idée si nous avions marché plus longtemps au bord de la mer. C'est souvent le cas avec les promenades on ne sait jamais où elles nous conduisent si elles ne vont pas faire une crise à la dernière minute.
La dernière fois que nous avons pris un café avec les mésanges du jardin c'était dans ton poème. T'en souviens-tu ?
Puis parvenus au sommet de la colline tu en profites pour me glisser à l'oreille C'est comme si nous étions arrivés dans la maison des nuages nous qui cherchions un canapé où nous vautrer cela tombe bien. Et je pense au fond de moi que j'ai de la chance...
Je voudrais pouvoir parler simplement de cet instant fugace situé entre l'envol de l'oie sauvage et l'atterrissage du héron sur l'étang où nous aimions pêcher enfants. Ni plus ni moins.