90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Peut-être qu’un jour à force d’hésiter lentement entre le sens et le son je n’hésiterai plus du tout et donc j'arrêterai d'écrire des poèmes.
Je me demande souvent si quand je deviendrai très pauvre au point de ne plus pouvoir me payer de quoi manger ni me loger j'écrirai encore des poèmes.
J’ai relu des livres Que je n’avais pas compris Adolescent Et je sais maintenant Que je n’aimerais pour rien au monde Redevenir adolescent.
Les yeux dans les yeux Nous revenons de loin Après ce long voyage Où nous n’étions aveuglés Que par nous-mêmes.
Dans un autre espace temps Que le soir offre à la tête des étoiles Les veines temporales du baigneur Allongé près de la fillette endormie Font soudain sursauter le chien Sur le point de fermer les yeux Alors qu’il se croyait dans un rêve.
Sans rien forcer Du pouvoir des mots Sur la nécessité d’écrire Les poèmes naissent Sans demander l’avis A qui que ce soit Et surtout pas à leur auteur.
Elle ne décrit rien se contente de rester allusive vague suggestive et pourtant c’est tout un monde riche et nuancé que je crois voir pour la première fois en la lisant
Il a beau parler des oiseaux posés sur la longue chevelure de sa fille et des nuages en train de tourner en rond dans un ciel d’hiver je vois autre chose de plus intérieur que son poème tait de peur d’en dire trop peut-être et de le tuer sur place.
Lundi est déjà l à si bien qu'on ne sait plus où on en est exactement avec les semaines : elles défilent aussi vite que des figures de carnaval dans un film de Fellini.
Pour faire passer le blue Monday Mardi décide de se montrer en petite tenue histoire de faire rougir les autres jours de la semaine timides et habillés jusqu'au cou.
Sans les arbres autour de nous du matin au soir peut-être serions-nous des ombres dans la survie.
Sans nos peurs fatigantes et nos espoirs ancestraux peut-être serions-nous des trains lancés à toute allure dans un brouillard épais par un chef de gare polyglotte.
Au cœur de l’hiver La fatigue se dilue Dans un parterre de bergénias Et l’énergie revient Poussée par des mimosas Au parfum de miel Enveloppant et délicat.
Que reste-t-il de ces premiers chants d’oiseau entendus avec toi dans la forêt sinon des rêves de vols très haut dans les airs certaines nuits où avant de m’endormir je pense à toi ?
Je ne dirai rien de cette vieille pendule toute rouillée et retrouvée dans le grenier de la vieille dame et qui affichait l’heure exacte au moment où je l’ai découverte. (Je ne dirai rien)
Je ne dirai rien de ce sourire fugace que l’enfant dans sa poussette m’a adressé alors qu’il pleurait à chaudes larmes juste avant. ( Je ne dirai rien )
Si je ferme les yeux je suis une poussière exposée en plein vent dépendant des courants comme unique moteur liée à la pluie ou au soleil même timide pour pouvoir m’inventer une existence légère simple et invisible. (Si je ferme les yeux)
Si je ferme les yeux pour voir autre chose j’avance doucement sur une longue route bordée de platanes avec un air de rock produit par mes pas et les battements de mon cœur. (Si je ferme les yeux)
Si je ferme les yeux c’est pour ouvrir la parenthèse entre l’espoir et l’obscurité avec à la fin un goût irréel et exotique au fond des songes que je m’empresse d’envelopper à l’aide de l’autre parenthèse sur son trente-et-un toujours là trépignante....
La petite fléchette retrouvée dans le garage près de la boîte à outils dont je ne me sers jamais a été le point de départ d’un film que j’ai imaginé assez long avec un seul plan séquence comme dans L’Arche russe du cinéaste Alexandre Sokourov.
Les roses vont rentrer dans la maison : Elles n’attendent plus que ça Qu’on ouvre la fenêtre. Je devine leur impatience A parfumer l’espace où je travaille Aux yeux doux qu’elles me font Dès que j’écris un poème.
Le printemps retrouvé derrière les buissons entourant la demeure abandonnée depuis la mort de la vieille dame donne à l’endroit un air d’enterrement jovial festif et léger évident.
A l’heure où la soirée s’étire Une araignée squatte le plafond Nous la regardons en faisant un vœu.
Être vivant ressort des photos mortes accrochées dans la salle à manger dont le cadre propre induit en erreur adoucit la sueur dégoulinant en plein soleil.
Je ne retrouve plus mon déguisement de chat, il ne peut pas s’être envolé, un oiseau à moustache ça se repère facilement.