90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Au moment où tout semble clair quelque chose chavire pas très loin du cœur puis renverse son contenu au milieu du rangement si bien que le travail est à reprendre sans savoir ce qu’il donnera ou ne donnera pas.
Le désir de se voir autrement Se prolonge dans le plaisir égoïste D’écrire tout le temps Comme si l’illusion avait besoin D’être entretenue en permanence.
Un sentiment indescriptible S’est glissé dans mon poème Que j’ignorais jusque-là Si je continue à écrire C’est pour en connaître d’autres A partager avec vous Si vous souriez après m’avoir lu C’est que nous appartenons A la même famille.
Ce qu’il y a d’incroyable Avec les poèmes que j’écris Ce sont les graines Qu’ils laissent A leurs pieds Une fois qu’ils sont finis : Quelques jours plus tard Elles donnent naissance A d’autres petits Sans mon aide Comme ça toutes seules.
Regarder une terrasse vide Donne le bourdon A l’été qui passe Mais si elle était pleine Cette terrasse à regarder Rendrait-elle plus joyeux L’été qui passe ? Certainement pas : On attend trop de certains lieux Sans savoir qu’ils ne sont pas responsables...
Comment expliquer ce qu'il ne dit pas dans son poème mais qu'on comprend tout de suite très bien et même beaucoup mieux qu'un long discours philosophique ?
La sueur perlait sur son front brillait comme des petites étoiles au soleil. Ses rides ressemblaient tantôt à des nuages tantôt à des traînées d'avion plus ou moins voyantes : tout dépendait de la lumière ambiante et surtout des efforts qu'il faisait...
les dizaines d'yeux au lard de la quiche lorraine sur son visage jaune nous regardaient fixement comme pour nous dire laissez-nous tranquilles laissez-nous tranquilles avant qu'on les découpe dans notre assiette et qu'on les entende devenir aveugles au...
J’ai déjà remarqué que les personnages de ses poèmes sont les mêmes que ceux de ses romans avec une épaisseur en plus que sa prose n’arrive pas à égaler et qui le rend triste je le sens livre après livre.
Quand Gombrowicz prétend qu’il ne sait pas qui il est mais qu’il souffre quand on le déforme c’est surtout sa souffrance plutôt que sa déformation que je me représente très bien
Le cochon qu'il venait tuer chez nous tous les ans saignait à côté du poirier. Si bien que quand on mangeait du clafoutis aux poires il avait parfois un goût de boudin.
Ses tremblements de main secouaient ma jeunesse et sa difficulté à respirer à cause d'un asthme sévère étouffait mes petites préoccupations d'enfant heureux. Je redoutais de vieillir alors je me mettais à admirer le beau camion rouge qu'il venait de...
la lumière du néon de la cuisine l'hiver leur faisait des têtes de mort au-dessus de leurs assiettes de soupe aux légumes.
le ciel rose est une tartine de confiture à l'orange qu'aurait perdu la notion des couleurs devant mon appétit d'homme attiré par les correspondances
dans ta bouche j'ai senti l'escalator descendre et nos lèvres se tordre se mettre de travers je me suis accroché à la rampe de ta langue et on est arrivés en bas au rayon des livres pour enfants alors que tu voulais monter à l'espace cosmétique faire...
Il suffit de la juxtaposition du mot pont à côté de l’évocation du chien en train de dormir dans son poème pour qu’une tendresse infinie m’envahisse dès le matin sans que je sache l’expliquer autrement qu'en écrivant.
je rentre le ventre des réveillons à venir en songeant au sens des fêtes perdues dans les bois
Et puis le ciel s’obscurcit subitement au moment où l’homme tira longuement sur sa cigarette et que sa femme étendait la lessive tout juste terminée nous raconte le poète émerveillé et hésitant comme à chaque fois qu’une scène s’impose à lui sans raison...
son immobilité parfois que je trouvais longue debout face à la fenêtre de sa cuisine avec vue sur le jardin me donnait le sentiment qu'il avait du sang de statue dans les veines.
La fumée qu'il coinçait dans des bulles de savon à l'aide d'une paille et qui partait dans le ciel se posait parfois sur la tête des corbeaux.
Je n’arrête pas de fantasmer dans les textes que j’invente sur la solitude que je transcende et les combinaisons que j’imagine. Je n’ai aucun pouvoir sinon celui d’improviser.
Avec cette petite cuisine collée en permanence à mon imagination mes mots ne meurent jamais de faim.
Ce n'était pas ce que je voulais écrire au départ et c'est pourtant ce que j'ai écrit à la fin. C'est donc bien ce plaisir que j'éprouve à me surprendre qui me guide au quotidien.
Toutes ces pensées multicolores dans leur jardinière sur le rebord de la fenêtre donnent soudain envie d'être une abeille dès le matin et un papillon quand vient le soir.
J'écris parfois des poèmes comme je m'assois épuisé après une longue journée de stress et de fatigue nerveuse dans l'espoir de retrouver un peu d'énergie d'humanité mes mots mon regard et ma part bégayante saisie par l'émotion.