90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Et l’infiniment grand Rejoint l’infiniment petit Que ce soit en été Ou en hiver Près des nénuphars Ou penché au balcon, Des découvertes Des rencontres Et des étincelles Ne demandent qu’à être saisies Par nos mains si belles Quand elles tremblent D’ém...
Avant l’arrivée de l’hiver Combien d’oiseaux seront morts Dans la plus grande indifférence Et d’idées noires auront traversé Nos cerveaux un verre d’eau Au bord des lèvres Et des rides en plus Sur la falaise où nous jouions Enfants attirés par le vide...
Puis je repars en fermant La parenthèse Une manière comme une autre De passer à autre chose D’atteindre une nouvelle phrase Accrochée au porte-manteau Du vestibule de cette maison Que j’essaie de reconstruire Du mieux possible Avant l’arrivée de l’hi...
Je reviens sur mon carnet de rêves Que j’ai appelé A tout va Comme ces choses qu’on dépose Dans un coin et qui laissent songeur Une fois qu’on les retrouve Plusieurs années après.
Sur un immense terrain vague quelques mouettes se disputent un malheureux morceau de plastique pendant que des hélicoptères sillonnent le ciel depuis l’aube. La journée ne fait que commencer et nous transpirons déjà comme des bœufs.
Sans tous ces poèmes et la place qu’ils occupent dans mon monde secret mon quotidien d’enfant à peine né et mes habitudes de funambule à la recherche d’un équilibre plus ou moins stable je serais une page blanche posée depuis des siècles sur un immense...
Il aurait peut-être fini serial killer comme il dit et moi je serais certainement devenu un animal sauvage sans tous ces poèmes.
Mon ami ferrailleur est convaincu que si je ne lui avais pas fait découvrir la poésie contemporaine (et le bien qu'elle lui procure) il aurait certainement fini serial killer.
Au moment d’aller à ses obsèques La voiture ne veut pas démarrer. C’est vrai j’ai oublié : Elle n’aime pas les enterrements.
Un soir d’été Qui ressemble A une chanson De Patti Smith Peut devenir En un éclair L’histoire d’une vie Semblable à celle De Jon fosse Tiraillé entre Le passé et le présent Le détail et l’évidence L’amitié et l’amour.
Trois merles se chamaillent A coté de l’aubépine, Un lézard se faufile Sur la façade de la maison, Notre chatte dort d’un œil Près du hamac de la terrasse. J’essaie de me concentrer Sur un texte en prose Qui laisse malgré tout traîner entre les lignes...
Je n’ai pas besoin D’aller plus loin Pour comprendre Que je fais fausse route. Je suis un conducteur Attentif même quand Je ne conduis pas. En faisant confiance A mon instinct animal Et mes pressentiments De chêne centenaire.
Si les jours pouvaient parler je suis certain qu'on aurait des conversations intéressantes, lui confie-t-il.
j’ai l’âme comme une ville déserte en plein après-midi sous le cagnard traversée par une voiture à air conditionné à la fois figée à la fois fuyante je roule avec elle en ne pensant qu’à la tristesse de la fin de l’été déboulant en accident annuel dans...
Sous l'éclairage de sa lampe de poche en plein milieu de la nuit ses pieds ressemblaient à des tortues géantes.
assis au bord d’une piscine les pieds dans l’eau mes jambes sont coupées à hauteur de l’enfance la partie au regard d’adulte trempe à l’envers dans les reflets que les doigts de pied agitent
Entre les deux visions je choisis sans cesse celle qu’on ne voit pas ensemble : elle est là saute aux yeux pourtant mais rien que pour moi les bras levés au ciel à crier dans mon cœur son envie d’attacher aux branches de mon être la forêt du père à grandes...
C’est un vrai bordel jamais fini d’écrire tous les jours : les invasions sont permanentes et le mortier un peu trop lourd pour le tapis volant déployé depuis des lustres. Il bave en attendant un décollage imminent vers une destination déjà rayée du m...
Le soleil arrive à tenir entre les lignes il est blanc dans le reflet du tableau sur les dessins aborigènes on dirait une perle immobilisée au centre d’un cou zébré de tatouages voilà ma chambre maintenant connue de toutes les amoureuses de détails de...
La distance est sournoise le soupir nocturne la route intérieure la maison curieuse le poulailler découvert le jardin triste les égouts sortis la vue sélective les pensées en boules le cinéma continuel le sommeil imaginaire et la vie se fait.
Plus rien n’a d’importance que le regard sorti de l’ombre : il est comme un mouchoir sur les yeux à s’amuser et colin-maillard un jeu de piste pour retrouver l’endroit où rester.
Coupé en deux parties égales sur la table d’opération avec d’un côté ce qui va à la poubelle les yeux fermés sans réfléchir et de l’autre ce qui peut-être récupéré : je suis un cadavre ambulant ralenti par les cicatrices et les sentiments.
Je viens d'apprendre que Picasso à la fin de sa vie passait son temps à dessiner dans son lit des sexes de femmes grossiers que son épouse a mis à la poubelle juste après sa mort.
son immobilité parfois que je trouvais longue debout face à la fenêtre de sa cuisine avec vue sur le jardin me donnait le sentiment qu'il avait du sang de statue dans les veines.
En promenade je suis sans jambes ni tête une balançoire au fond du cœur à parcourir à inventer la forêt de mon enfance où déjà je ne savais quoi faire au milieu des arbres prisonnier du silence avec mon père.