90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Les années sont passées les bars où l’on traînait ont disparu les arbres ne sont plus là où nous allions pour nous protéger contre la pluie et fumer tranquillement en attendant que la colère se calme mais nous sommes toujours debout avec nos jeunes émotions...
Puis on finit par marquer une pause à un endroit qu’on voudrait garder secret permettant la rencontre des hautes ombres avec les nains d’ici.
Le ventre plat de la nuit va disparaître peu à peu et laisser la place aux formes arrondies du matin que la cuisine sent venir.
Les enfants jouent sur la plage leur mère se fait dorer au soleil et le père est entre les deux une main posée sur le ventre de sa femme à encourager les petits en train de fabriquer d’énormes châteaux de sable autour d’eux.
Juste après avoir bu un café encore assis dans son sofa il eut soudain envie de fondre.
Sous la pluie en hiver c’est comme un printemps capricieux où le temps de se tailler doucement les ongles des pieds les moineaux ont déjà revêtu leurs habits d’enfants pauvres.
Dans sa niche de fortune de l'aube au crépuscule le chien s'applique à garder son calme.
Je connais un poète c’est plus fort que lui : il regarde toujours les jambes nues de sa femme endormie le matin dès qu’il se met en short avant d’aller courir dehors.
Dans un autre temps où les bougies parlaient tout bas aux murs et aux ombres une musique inconnue sortait des verres et faisait danser leur imagination.
Q uand Ludovic Janvier parle de la mer dans ses poèmes ce sont ses pas à reculons que j'entends comme s'il était à mes côtés allez savoir pourquoi .
Je comprends très bien Ianthe Brautigan qui s'inquiétait pour son père quand elle lisait ses poèmes. Ce qui l'inquiétait au fond c'est que son père révélait une partie de son âme dans son travail.
Avec tous les pays qu’il avait traversés dans ses poèmes j’avais fini par ne plus avoir le mal des transports dans la vraie vie.
Il y a souvent dans les poèmes des autres que j'adore lire beaucoup de mon impuissance à faire mieux qu'eux et cela me rend plus fort jour après jour.
Tout a commencé par un navire l’air de rien puis quelques songes sans queue ni tête et un beau sentiment de solitude sur lequel elle aimait revenir dans chacun de ses livres et j’ai continué tout seul à l’aimer page après page sans qu’elle n’en sache...
Après nous être promenés le long du canal d’étranges songes nous ont traversé l’esprit alors que nous aurions bien entamé une autre balade loin de l’eau et de ses contrariétés que la vue des nénuphars n’a fait qu’amplifier.
Encore des poèmes japonais que dans le creux de notre lit tu me récites les yeux fermés comme si tu voulais me faire chanter dans mes rêves que je devienne une espèce d'homme dépendant de tout ce qui vient du noir des voix et des mots.
Si le plus précieux de nous-mêmes est ce qui reste informulé d'après Gide je comprends pourquoi je continue à formuler d'une manière ou d'une autre mon goût de vivre pour la formulation.
Je veux bien que tu suces mon sang Lui dit-elle juste après minuit Mais fais-le doucement Là dans mon cou Sans trop de bruit Pour ne pas ameuter le quartier Notre bal des vampires Doit rester un secret Entre toi et moi C’est tout ce que je te demande...
Le temps de me mettre à l'ouvrage les idées bien claires de la nuit deviennent des ombres insaisissables à la lumière de ma lampe.
Plus un bruit soudain que celui des fils électriques se touchant à la vue du ciel au moindre coup d’aile des hirondelles perdues.
Au moment où l'image est là n'ayant rien d'autre à offrir que sa force évocatrice elle disparaît une fois retranscrite et ne demande pas son reste laissant l'écrivain seul avec ses petits moyens.
Le hululement au loin le sommeil du chat et la nuit infiniment amoureuse se rapprochèrent d'avril à pas de loup dans la plus grande indifférence générale.
Il y a un peu de vin sur la table dehors et il restera tous les jours comme une marque de vie indélébile là au vent que rien n’arrête.
J'ai déjà été un arbre une fois dans un rêve et quand j'écris c'est ce souvenir-là que j'essaie de raconter.
Et le week-end arrive doucement à pas de loup l’air de rien avec ses rides de fin de semaine.