90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Un poème en appelle un autre et ainsi de suite tout le temps: d'enchaînements en enchaînements l'infini se décompose en bribes inénarrables de nous-mêmes formant ainsi des colliers par milliers pour les soirs où l'on veut se faire une beauté rien que...
Les post it multicolores s'accumulent sur le bureau en même temps que les nuages gris s'amoncellent dans le ciel d'un côté pour ne pas oublier de l'autre dans l'espoir que la pluie tombera et emportera avec elle les scories du petit matin.
Et si mes poèmes n’étaient (ne serait-ce) que de petits clins d’œil ce serait déjà ça me dit-il en souriant moi qui suis incapable d’en faire avec mes yeux poursuit-il. Tiens c’est peut-être pour ça que j’écris : pour m’apprendre à cligner d’un œil puis...
Tout autour des yeux ses cernes racontaient des histoires d'horreur qu'on regardait de loin avec la vague envie d'en connaître davantage sur l'origine de sa prison.
il y a de la neige les voitures attendent que les hommes et les femmes se réchauffent ensemble
Quand dès le matin les phares d'une voiture perdue pénètrent à toute vitesse le silence de ton bureau telle une étoile filante au-dessus du linge séchant de la veille tu te dis que tu te sens minuscule chez toi en train d'écrire.
Les mains toujours les mains dans son poème ne parlent pas des mains mais du cœur et du corps en général délicat et proche d’un état d’excitation maîtrisée et langoureuse.
Je me souviens subitement d'une confidence amusante que mon grand-père m'avait chuchotée un soir de clair de lune où il rêvait de dégrafer le soutien-gorge des étoiles pour enfin voir leurs seins pointer dans le ciel noir.
Et encore ces envies de garnir de chercher de ne pas trouver de remplir d’attendre et puis le même résultat de partir un peu par les trous minuscules du voyage bu à grande goulée sans avertir personne ni cigarette roulée au crépuscule.
Il suffit que d’un seul coup Le ciel s’obscurcisse Pour que je retombe en enfance Où désoeuvré L a plupart du temps J’essayais de me convaincre D’être davantage Dans la vie réelle.
Dans ce ciel insaisissable décrit avec insistance je m’attarde davantage sur la tête des nuages et les grimaces qu’ils me font et dont rien n’est dit que sur l’étendue de la mélancolie du poète.
Les nuages se parlent si fort entre eux que j’entends tout et du coup je m’inspire de leurs histoires pour écrire des fictions bien à moi n’ayant rien à voir avec les nuages.
Après sa longue journée passée les mains dans la terre elle avait chez elle les yeux remplis de larmes quand on l'embrassait.
Je lève tout de suite mon verre avec Eugène Savitzkaya quand dans Cochon farci ce dernier est sur le point de boire les beaux fruits qui mûrissent dans nos jardins lune à la gorge.
Les étoiles filantes continuent de filer dans mes rêves et quand j’écris certains poèmes c’est à elles que je pense en secret aux traces qu’elles laissent dans la nuit et que j’essaie en vain de reproduire.
Aujourd'hui j'ai vu dans le ciel le visage de ma mère. Les nuages avaient des bigoudis multicolores. J'ai écrit un texte commençant par la phrase suivante : L'homme s'approcha de la limace et commença à lui raconter sa vie.
Il n'y a jamais d'heures dans ses poèmes et pourtant les émotions que j'y ressens durent longtemps très longtemps après que je les ai lus.
Il poussa la brouette jusqu'au tas de bois et vit son existence défiler en quelques mètres. Parvenu à l'appentis il voulut tout oublier mais sans succès fut obligé de poursuivre son travail la tête ailleurs.
Je me demande ce que pourrait dire Philippe Jaccottet du rire si pour lui les larmes sont une eau que la peine a salée.
Quand je relis le recueil Il pleut des étoiles dans notre lit j'ai le sentiment de m'endormir dans le ciel et de sentir rentrer dans mon coeur les draps de l'amour à refaire encore et encore.
L’arrivée de la voiture sur les gravillons de l’allée de son poème suivie du claquement des portières quelques vers plus bas résonnent dans mon cœur tels des ricochets sur la rivière de mon enfance.
Le poème me dis-je n'arrive jamais comme un cheveu sur la soupe mais plutôt comme une plume sur un crâne chauve.
Dès que je lis des poèmes amérindiens j'ai le sentiment d'être un Indien. Et cela m'a suffi pour bien commencer la journée : à l'est de la maison des grenouilles dans l'étang amorcent les nuages de tonnerre sous des roseaux éventés.
Elle lui lit des passages de Pedigree de Simenon et il imagine l'écrivain belge sortant sa machine à écrire du bateau dans lequel il avait embarqué sa femme et Boule sa cuisinière (sa maîtresse aussi) pour un tour de France.
Ce matin-là le bruit sourd et délicieux du pain grillé dans la bouche de sa femme eut quelque chose de sexuel qu'il n'avait jamais remarqué jusque là et qui le réveilla sur le champ.