90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
En relisant Pierre Autin-Grenier je me dis que j'aurais tant aimé l'avoir eu comme père même si je sais au fond de moi que cela ne signifie rien.
Retenir le ciel de passer en voiture est une prouesse qu'on apprend à maîtriser avec ses petits moyens de marcheur quotidien.
Tant qu'il y aura encore un peu de sciure au garage un ou deux rondins de bois maculés de sang de canard je continuerai d'écrire des poèmes en pensant aux cous tranchés volant au-dessus de ma tête avec à leurs extrémités des chignons gris bien lisses...
Entre la bûche diminuant à petit feu dans l'âtre près de moi et le corbeau toujours au rendez-vous à seize heures précises depuis quinze ans perché en haut du pin face à la fenêtre de mon bureau combien d'étoiles ont traversé ma tête ?
Il y a dans le monde ( paraît-il ) plusieurs villes qui connaissent les quatre saisons en vingt-quatre heures et je ne sais pas pourquoi mais cette réalité me donne encore plus envie d'écrire des poèmes.
Ce matin le miroitement de l'eau du lac inexistant dans mon paysage quotidien me fait du pied depuis trente minutes histoire que je le fasse vivre un tout petit peu avant de disparaître à jamais noyé dans d'autres songes plus sérieux et moins récréat...
J'ai encore en mémoire des paroles entendues dans de vieux rêves. Et je cherche aujourd'hui la raison de leur insistance. Voilà de quoi commencer une nouvelle fiction : entre hier et aujourd'hui illusion et obsession intimité et exposition.
Tu voudrais que ce soit Noël tous les jours au milieu des papiers cadeaux et des lumières clignotant un peu partout dans la maison et ce rêve de toi me suffit pour me faire oublier les ombres et le brouillard déguisés en vautours impitoyables.
Inutile d'en dire plus je préfère imaginer les ombres et les images les gestes et les sourires les mots tus et les imperfections les musiques et les saisons que je n'ai encore jamais vus ni entendus.
Cette tendance que j'ai à écrire souvent au passé vient-elle de mon désir d'attraper sans cesse la vieille fumée coincée derrière mon dos pour en fabriquer enfin des nuages flambant-neufs au-dessus de ma tête ?
Tout dépend de l'éclairage de la nature du silence et de l'endroit précis où les pies se ruent pour se faire une idée de la photographie que je prendrai peut-être un jour.
Et puis juste avant de partir il y a eu cette chanson je l'entends encore dans certains de mes rêves avec ce timbre propre aux voix inimitables et tellement lointaines à la fois que je crois que je ne suis jamais parti au fond non jamais.
Pour que le chemin parcouru ressemble à un voyage il faut y mettre des sentiments.
Dès que je vois une recette d'aubergines à la parmesane je pense automatiquement à Erri De Luca qui n'en a plus jamais mangé après la mort de sa mère.
Le reflet de la flamme du feu de la cheminée dans la vitre de la fenêtre de mon bureau éclaire mes pensées tout en brouillant les pistes du chemin à prendre pour terminer une fiction commencée sans feu.
Dès sept heures du matin un homme lit le journal au PMU proche de chez moi un ballon de rouge posé sur la table à côté d'une tasse de café. Je n'ai aucune peine à imaginer la journée qu'il aura avec ces mélanges dans le ventre.
J'ai longtemps cherché des vagues dans les terrains vagues une mer pas loin partie trop vite en oubliant un peu d'elle-même dans l'herbe et la terre si bien que je finissais par voir un immense océan à force d'être convaincu qu'on me cachait des chos...
Où sont passés ces mots que j'avais notés quelque part dans un livre écrit par un autre et que je voudrais relire parce que si je me souviens bien ils me seraient d'un grand secours aujourd'hui en plein hiver les mains froides le nez gelé et les pieds...
Ce qui m'inspire aussi à part le flux incessant d'images sans queue ni tête dans lequel je nage matin midi et soir c'est la musique insaisissable que j'entends au moment où je m'installe tranquillement pour lire.
Que fais-je d'autre en écrivant sinon creuser encore et toujours dans tout mon corps des petits trous comme autant d'yeux qu'aucun être n'a un jour osé poser en douce pendant que ses amis dansaient parlaient riaient tous en même temps.
Les yeux rouges du ciel à peine visible font penser à la bande-annonce d'un mauvais film d'horreur avec un dénouement plus ou moins prévisible qu'on sent venir au fur et à mesure que la journée avance.
Comme quoi on raconte plein de choses fausses avant d’avoir lu et compris tout de suite un poème dans une cuisine.
Comme les chênes voient la vie en rouge me racontes-tu main dans la main je cherche dans les tilleuls que nous longeons des yeux qui verraient la vie en jaune main dans la main.
Pour m'amuser je compte souvent les jours en poèmes déjà écrits ou à écrire. Je sais que c'est stupide comme jeu mais que voulez-vous nous autres auteurs nous passons notre temps comme nous jouons.
Tu bois un thé en lisant j'écris des poèmes en te regardant nous nous rejoignons en silence.