90% des textes publiés sur ce blog sont inédits et écrits au quotidien. Les autres sont des extraits de livres déjà édités. Tous 100 % bio .
Le ciel est bien découpé aux ciseaux mais il ne tombe pas parce qu’il est dans un poème cela est rassurant pour le lecteur que je suis rempli de petits rêves d’être marchant sans cesse les yeux rivés au sol à la recherche d’improbables trouvailles.
Tout est dans le bruit du papier tombant autour de ton portrait découpé en une minute par la jeune japonaise .
Tout est dans l'odeur d'herbe tondue que l'on sent dès le matin en lisant ses mots pourtant à des milliers de kilomètres de nos nez.
Hier la lune était rousse et des gens dormaient ivres morts sur les trottoirs de la rue. Faut-il y voir un lien de cause à effet ou simplement une étrange coïncidence comme on en trouve pas mal si on se promène bien ?
Aux dernières nouvelles il aurait réussi à coincer des mouches dans des bulles de savon et à les exposer dans une grande galerie new yorkaise.
Je me demande encore où est la limite entre la fiction et la réalité quand entre la nuit et le jour je cherche un sens à tous ces mots écrits.
D'où viennent ces mots que j'entends quand je marche et que je suis incapable de retranscrire une fois rentré chez moi ?
Aux dernières nouvelles il aurait perdu la parole et aurait engagé un détective privé pour qu'il la lui retrouve mais apparemment ce ne serait pas gagné.
Au fur et à mesure que le ciel se dégageait d'autres nuages se formaient à la surface de l'eau de toutes les couleurs.
Quand arrive dimanche les chiens aboient subitement et le linge sèche en douceur comme si de rien n'était si ce n'est qu'un passage obligé vers des heures plus tumultueuses.
Je voudrais parler un jour de tout ce que je ne parviens pas à écrire et que je sens au bord du rivage de mes promenades.
Ce nouveau mardi aux yeux d'été et à la peau d'automne a l'air d'être perdu coincé entre deux saisons.
Je n'ai pas fini de me raconter des histoires pour le simple plaisir de les sentir sortir de ma tête et de les voir s'allonger langoureusement sur l'écran blanc de mon ordinateur en me faisant de l'oeil.
En plus des gens que j'aime et qui existent du matin au soir j'en trimbale d'autres invisibles que je découvre en vieillissant : ceux-ci ne me parlent jamais sont muets depuis leur naissance mais si parlants à mes sens que je crois qu'ils sont réels.
Mes poèmes sont parfois des chansons privées de rimes sur des airs de rock pourri interprétées à la va vite pour mieux rester en contact avec ce qui échappe sans musique et sans parole.
Je pourrais me dire que j'ai assez écrit comme ça et pourtant je sais (j'ignore comment) que je me mens à moi-même pour poursuivre le voyage et donc oublier mes mensonges.
Il suffit d'une nuit d'étoiles filantes pour que nos voeux ne se réalisent jamais.
L'automne débute quand l'été est encore là parce que ce n'est pas la saison au fond qui commence quand l'autre n'est pas finie mais notre impatience et notre mélancolie que le temps découpe en plusieurs parties.
C'était un jour comme celui-ci avec en moins la lumière du salon avec en plus ta main mate autour du mug blanc rempli d'un thé au jasmin que je sens et que je vois encore rien qu'en écrivant.
Sans bruit le voyage est une image toujours là dans ta voix tout à l’heure réveillée.
Les premières paroles de jeudi sont en espéranto mais je sais très bien que ce n'est pas par politesse qu'il me salue mais uniquement pour m'impressionner que je ne l'oublie pas de sitôt.
On ne sait jamais comment naissent les songes mais ce que je peux dire et que je vérifie chaque fois que j'écris c'est que je reconnais parmi eux ceux qui poussent leur premier cri et attendent tout de moi et les autres dont la voix portent peu mais ne...
On dirait que les dimanches pleurent toujours quelque part de joie et de tristesse à la fois.
Si le plus précieux de nous-mêmes est ce qui reste informulé d’après Gide je comprends pourquoi je continue à formuler d’une manière ou d’une autre mon goût de vivre pour la formulation.
Quand on est insomniaque on a l'impression d'être un clandestin.